Jean Jaurès - La Convention

1240 HISTOIRE SOCIALISTE hommes. Nous avons consulté les cullivaleurs; lous onl assuré que la }'rance a dans son sein plus de grains qu'il ne lui en faul pour sa consommation. Nous venons demander : !0 la fixation du maximttm du prix du blé dans toute la Répuhlique, il pourrait être, pour l'année prochaine, de 2:, à 30 livres Je setier; ZO l'anéantissement du commerce des grains; 3' la suppres,ion de lout intermédiaire entre Je cultivateur el le consommateur; 4° et un recensement général cle toul Je hlé après chaque récolle. • Etait-ce réalisable? et, si on n'allait pas jusqu'à une organisation communiste de l'approvisionnement, si on ne chargeait pas la nation elle-même d'acheter le blé aux cultivateurs et de Je revendre, était-il possible de supprimer tout intermédiaire? Je ne le recherche pas en ce moment. Je constate seulement que c;e programme, malgré l'apparente et ofllcielle adhésion de toutes les autorités constituées de Paris, était celui du déparlemenl plutôt que celui de la Commune. Aucun des représentants directs de la Commune, ni le maire, ni le procureur, ne prit la parole devanl la Convention pour appuyer l'orateur du département. Dans la séance de la veille. 17 avril, à la Commune, il semble bien (aulanl qu'on peut en juger par les comptes rendus du /lfonileur el de la Chronique de Paris), que la question des subsistances y ful traitée avec réserve, et que des conseils de prudence et de modéra lion ru rent, à ce sujel, donnés au peuple : « La discussion, dit le Moniteur, s'ouvre sur les subsistances. Quelques membres proposent comme moyen de parer aux difficultés actuelles d'exposer sur le carreau de la Halle la plus grande quantité possible de farines tirées des maga,ins de la municipalité; mais Je substitut du procureur de la Commune pense que cette mesure ne peut que produire de grands maux, en empêchant les boulangers de s'approvisionner au dehors; que lorsque les magasins seront une fois épuisés, la municipalité et les boulangers seront obligés d'acheter la farine au dehors, el qu'alors cela ne sera peut-titre plus possible. « Garin, l'un des adminblrateurs des subsistances·, est sommé de déclarer s'il est vrai, comme il l'a avancé, que Paris soit approvision11ésufflsammenl, et qu'enfin il dise pour combien de temps l'on a des subsistances. il répond qu'il voit avec douleur que des inquiétudes déplacées dérangent tous le~projets de l'adminislralion. li affirme à plusieurs reprises que les subsistances ne manqueront pas, et propose à ce sujet une proclamation donl la rédaction est adoptée. • Les commissaires des sections présents à la séance soni invités à se retirer dans leurs sections respectives, pour leur faire part de ce qu'ils vie11nenl d'enlendre sur les subsistances. » Ainsi la Commune s'applique plutôt à rassurer, à calmer. La proclamation suggérée par Garin, el dont la Chronique de Paris nous donne le le1te, est presque agressive contre ceux qui fomentent l'inquiétude :

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