HISTOIRE SOCL\LIS'fl, 887 même, de-<·endanldes rois el gardien de la royaulé par la Constilulion comme par la trad ilion, d'a,oir eu la m,'me 1wnsl'e ·? « Prenez garde: en con1laro11ml le rùi sous prétexte de trahison envers la Révolution, ,ous all,·z vous mcnacl!r Lie mort le, uns les aulre,; car vous êtes ,oués désormais à dénoncer el à J'rappt•r comme des traitres Lou, ceux qui n·enlendroul pas comme ,ous les inltrNs de la Révoluli"n d qui n'en porlcronl pas les limites au point arbilrairc et v~<'illanl marqui, par les pas· sions ,tu jour. • J'ai parlé de llirabcau que vous frapprri<'Z. s'il n'tilait mort, de Lafayrlte 11ui ,e1·ail caplit ici s'il ne l'était en Autriche, de Darna,e qui languil dans son cachot, sous l'inculpation d'ayoir donné clcs con-ciL, poliliq11p, au roi conslilulionnel. Là ne s'arrNeronl pas les soupçons. Di•jà. ceu~-lit n11'mes qui de leur parole imprudenle el éloquente onl ammé le peupl,• <·•ntn• les Tuil,•ries -ont traitre.; <"tsu,pecl,, parce qu'ils n'ont pa;; rrfu,i· 1111 m/•rll<iire politique qui leur était demandé. El déjà le gencral qui, tla ns l,, p:ai11l·-de la Cbampa~ne, a arrêté la marche des armées pru-,ienne cl aulrichi ·1111,•,esl accu-é, par les plus ,éhéments et les plu< populairl's de ,os journau,, d'a\'oir ménagé dans sa relraile l'armée prussienne et d'avoir comballu, comme on prétend que de Les.art négoci:dt, dans lïntur,'L de l'ennemi. « Il est élrange, en ,érilé, qu'on me reproche comme un crime d'avoir songé aux conséqut>nces que pouvait aYOir une guerre illimitée. el d'avoir voulu les prévenir I Vous qui m'accusez de n'avoir pas brusqué la ruplure avec l'Autriche, el de n'avoir pas répondu partout par la guerre à la plus lég/>reoffense des cours étrangères, Otes-vous snrs que la Révolution peut affronter sans péril la guerre avec le mond<·? Êtes-vous snrs que la France nou,clle ne laissera dans celle colossale entreprise ni se~ finances, ni sa liberté? Êtes-,ou, stirs que les incerliludes de la lutte n'exaspèreront point la rivalité des factions~u point ,le dti<:hirer el d'épuiser la Révolution? ELsi si Je me sui~ préoccupé des contre-coups qu'aurait la guerre sur l'étal des esprils el sur le destin de la royaulé, qui donc m'en a donné l'exemple? C'est vous. Ceux qui, au printt>mps de celle année, mus ont entrainés à la guerre ont dil partout qu'elle était n6ces,aire pour mellre la ro1•auté à l'épreuve, el pour changer la Conslilution. Ils ont fail de la guerre un moyen politique contre le roi; de quel droit me reprochent-ils de m'être préoccupé, en elîPt, des conséquences politiques qu'elle pouv,lit produire, et d'avoir, par mes paroles, par mon attitude, cherché à atténuer le plus possible le conflil d'où l'on allendail un boule,ersement intérieur el le renversement de la Cooslilution? De quel droil me reprocher d'avoir ménagé jusqu'au bout les chance!\ de paix quand vous donnez ou verlemenl à la guerre un caraclére factieux? Mais prenez garde, vous avez provoqué l'univers pour abaltre la royauté. En cessant de ménager la royauté, vous avez cessé de ménager le monde. Je vous laitse, devant la poslérilé, la responsabilité des désastres qui peuveol suivre.
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