886 IIISTOIRI> SOCIALISTE pour farililer le passaf(e de la monarchie à la République. On gardait un semblant cle royauté pour rassurer les e-prits simples, el c'est sous l'abri de la mouarrhi•· qu·on lravaillail à la destruction de la monarchie . • Et s'il n·y a pas eu là calrul, si la Franrea cru sinc~rPment à la néces•ilé de la monarrhie dans l'ordre nouvra11, comment peut-011 faire un gril'f au roi d'y avoir cru, lui aussi. el d'avoir voulu maintenir les étais sans le$quels, à m,,n srns, elle nr ponvait rlurer? J'ai ,n1mi dr la lutte engagée par vous contre le clergé, el il rsl ,rai que j'ai usé du droit de veto que me donnait la Constitution pour :1morlir les cvu:1, que vous lui portiez. C'est que la religion, en même temps qu'elle est la consolation et le besoin de mon cœur, est, selon moi, la gar,11,Liede l'ordr,' el la règle nécessaire de;; mœurs et de la liberté. Or, j'ai pen-é qnr des att,,ques trop véhémentes el trop violente;; contre le clergé ébranleraient la relic;ion elle-même. l\le suis-je trompé? Dans les premier>' temps clela Révolution, il y avait chez les révolutionnaires eux-mêmes une ;orle d'empressement pieux. et jamais on ne parla plus dévotement du Dieu de l'Évangile qu'à. l'heure où on en dépouillait les ministres. Aujourd'hui encore, vous vous appliquez à ne pas découvrir au peup!P. la philosophie impie d'un grand nombre d'entre vous. Quand un imprudent, poué' des rai-ons cl't'conomie (car vous avez à votre tour des emb~rras financiers: ils vous p ·rdront comme ils m'ont perdu), propose la supp~ession du traitement de, prêtres, vous vous soulevez contre lui parce qu'il indispose les peuples. 1lais qui aurait osé prévoir, il y a deux ans, que celte proposition serait faite? Qui aurait osé prévoir qu'un jour, à votre tribune, un audacieux dirait : • Je suis athée», et serait applaudi par un grand nombre d'entre vous? C'est donc bien la lutte contre le chri~tianisrne qui s'annoncP., et si Je l'ai pressentie, si j'ai ,oulu protéger le clergé contre d~s passions qui s'étenctraient insensiblement i1 la religion elle-même, j'ai été prévoyant, et j'ai servi la Révolution qui périra le jour où il apparaitra à tous qu'elle est incompatible avec le christianisme. « Pour m'.1ccuser de trahison, vous êtes obligés d'accuser aussi de trahison la plupart des hommes illustres qui ont servi la Révolution. Car Lous, Lafayette, llirabeau, Barnave, d'autres encore, ont cru que la Révolution devait s'arrl\ler el se fixer, qu'elle se perdait à drpas~er la li~ne qu'ils avaient marquée eux-mêmes. Vous pouvez les flétrir et les frapper. Mais vous flétrissez el vous frappez la Révolution elle-même, car Je déshonneur de ceux qui l'ont servie se commuuique à elle. C:royez-vous, de bonne foi, que ces homme, ont cédé à des pensées basses, qu'ils furent à la merci d'une pièce d'or? Non certes, ils crurent servir encore la Révolution et la liberté en s'opposant au~ excès qui pouvaient les compromettre, en cherchant à organiser ou à ra!Yermir la force nécessaire du pouvoir exécutif. Et si des hommes nés de la Révolution et qui n'avaient de force, de crédil. d'espérance que par elle, ont cru qu'il fallait la contrôler et la limiter, qui pourra faire un crime au rol lul-
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