Jean Jaurès - La Convention

1232 JllSTOIHI~ SüClALIS'rE tous portés en masse au Contrat-Social. Là ils onl fait la loi, ils ont cassé un commi,saire de police nommé à la lrè, grande majorité. Ils ont fait prendre tous les arrêtés révolutionnaires qu'il leur a plu; enfin ils ont fail arrêter que le Contrat-Social serait tenu d'adopter le mode définitif de recrutement qui lui serail présenté, ou sinon ... Ce brave cortège s'est retiré à minuit. • Les fonctionnaires sans-culottes des sections couraient de l'une à l'autre pour porter le mol d'ordre, pour s'informer des points faibles où il convenait d'envoyer du renfort : • Ces m~mes hommes (ceux que Dulard appelle les espions à 40 sous par jour) sont destinés encore à parler les ordres d'un comilé de surveillance à l'autre, de proche en proche, de manière que s'il arrive quelque chose dans une section, la section voi;ine en est bientôt instruite, et si les sans-culottes d'une section ne sont pas assez forts, ils appellent ceux de la section voisine. C'est ce qu'a fait ma section avant-hier soir, el ce qu'elle a arrêté solennPllemenl hier soir cornme de sûreté générale (14 mai). » Ce wnt les sections des Lombards et do Mauconseil qui avaient donné l'exemple, dès le 15 avril. pour « un procès-verhal de réunion • où elles s'étaient promis • el juré union, fralernilé el assistance dans tous les cas où l'aristocratie voudrait anéantir la liberté •· La section des Amis de la Pairie avait, une des premières, adhéré à ce pacte, el toutes les sections avaient été sollicitées de conclure la même fraternité, de donner l'accolade de paix au président de chaque section cl de jurer assistance el secours pour écraser les « perturbateurs de l'ordre public•· Du tard constate l'effet lie terreur produil sur les modérés par celle coalilion des sans-culottes. « Ce qui a pu aussi, écrit-il le f5 mai, dérouter les propriétaires de ma section, c'est l'espèce de fMéralisme établi entre les enragés qu'elle contienl el ceux de la section Mauconseil. Avant-hier les modérés prévalaient dans celle dernière, les enragés onl demandé secours à ceux du Contrat-Social, el ceux-ci onl volé à leur secours. • Le journal girondin, le Pati·iole (i-ançais, senl bien le péril de celle manœuHe el il la dénonce violemment, le 19 mai : « Les anarchistes emploient tous les moyens pour regagner le terrain qu'ils ont perdu dans les sections. A la faveur de deux ou trois qui leur sont restés fidèles, ils envoient dans les autres des députations, qui ont soin d'arriver lorsque les séances son l sur le point de finir, et par conséquent peu nombreuses; el ils escamotent souvent, arrachent plus souvent encore des adhésions. li y a quelques jours, Yarlet, l'agitateur des boues de Paris, accompagné d'une députation de la section des Sans-Culottes, arriva, à onze heures el demie du soir, dans la section du Panthéon-Français et prêcha longuement les douceurs d'une nouvelle insurrection et les jouissances d'un massacre général. Quoiqu'il y eOl peu de monde à la séance, Varlet échoua complètement el fut obligé de se retirer, couvert de honte. Le lendemain, la

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