Jean Jaurès - La Convention

IIISTOlllE SOCIALlSTG 1211 c·e,t en m;ii 1i03 que celle k11clance positil'C et réaliste dl' la démocratie parisienne commença à s'afiirmer, et c'est a\'ec la double forre de l'irléal et de l'ùpre appétit immédiat que les sans-culottes lutte11t pour balayer des sections les influences envahb,antes du 111odéranti,1ne. Ils étaient admirablement outillés pour cela. Ils avaient mis dès longte111ps la main ,ur le mécanisme des sections: ils avaient occupé tous les 1,0-tcs d'influence, et si, un moment, ils les perdaient, il leur ét.1it aussi beaucoup plus aisé de les conquérir. Dans son rapport du 14 mars, Dutard dit à Garat : « Dan, pre,que toutes le, sections ce ,;ont les sans-culottes qni orrupcnl les co111itésde sur,eillance; ce sont eux am~i qui occupent le fau•cuil, qui ordonnent lïntérieur de la salle, qui dis1iose11t les sentinelles, qni étahlbscnt les censeur, el ré,i>cur,. Cinq ou six espions, habitués de la srclion, soldés à 40 sous, y ~011Ldepuis le commencement jusqu'à la fin de la sémrte, ce sont des homme, à tout en lreprendrc. » Ainsi, il falL1it que les modéré,, quand ils se portaient aux ,celions, ou sul.itssent ces cadres formés avant eux, ou perdissent une pnrtie cle leur temps et de leur énergie à les briser. C•Hnme ils connaissaient mal le personnel dirigea,,t des section•, ils h6sitaient à e,clure des hommes qu'ils n'avaient vas encore vus ü l'œune, et le plus souvent, ils étaient comme pris dans un réseau adrninistrJti[ révolutionnaire qu'ils ne pouvaient ro,upre. Mais, de plu,, les sans-culolles de, sections imaginèrent, là où ils étaient en minorité trop évidente, un expé di eut très sulitil : celui du groupement des sections. Les moclér6s n'avaient-ils pas répété à satiété que chaque sectiorrs n'était, en e!Tet, qu'une section, c·e,t-à-dire une parcelle de la souveraineté·? Si donc on groupait pour délibérer plmicurs sections, on se rapprochait oe la souveraineté complète, on laisail appara1lrc plus larp;ement la 10lonté du peuple. v·•s lors, quand l~s saus-culolles d'une section étaient débordés, ils appelaient à leur airte, sous prétexte de • réunion •• les sans ct1loltc, des secliuns voisines. De même qu'en 1780 les communes formèrent des fédération,; pour résister aux hommes d'ancien régime, de même il y a aujourd'hui, contre le ruod6ranUsme, des « fédérations de sections•· Du tard écrit le 6 mai : • La section des Halles a arrêté que lorsque les sans-culotte, n'y seraient pas en force, ils l'abandonneraient el iraiPnlsejoindre,1ux sans-calottes d'une autre secUon. Il est remarquable que cette section a été l'une des plus enragées pendant toute la fiél'olnlion. » Le 13 mai : « li s'est élevé une grande querelle au Conlrat-Socinl; le, modérés s'y sont trouvés en force, et ont demandé que le comité de surveillance fùl tent1 de faire à l'assemblée générale, deux foi, la semaine, le rapport de ses opérations. Qu'ont fait les ~ans-culolles, que dis-je, les enragés? Se voiant en minorité, ils se sont portés à la section ~lauconseil pour y demander du seçours. La section lllauconseil a levé sa séance, el ils se sont

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