Jean Jaurès - La Convention

t •)•)·) IIISTOlllg SOCIALISTE ùain par grandes masses el se préCiJJilaienl sur le~ troupe.; répu!Jlicaines d un tel t'lan cl d'une Lelloforce qu'ils pan·rnaienl à rnlcver de, canons, et qu'il, <<>ulill•ic•nl peu à peu aux dépens de la fié\'olulion elle-m~mc. El 'Ur les canons qu'ils a,aient pris, sur .1/arie-Jeanne, sur le Missionnaire, ils clouaient des crucifix rommr pour ajouter à la trompcusr efficacité des forces nalurellrs je ne sais quelle puis,~nce de chréli cnne sorcellerie. Or les premiers g(•nl'rau, en,·o)é, lit-bas, ~ol ais rle rarri~re qui srnaient la Hévoluliou, h11nnNemcnl, eommr ils auraient continué it sen·ir la monarchie. n'avaient pt, le srn, des granfles forc,•s ék111,•nltirc-, 1i,1s1,lus de la force catholitJUC que de la force révolutionnaire. Pour mPner à ce, t·o111habpleins de ha,ard dc•s r,·nue, encore i1w,'rlaine~, il aurail fallu les pa--ionnrr, les e,aller, el les chefs n'élaicnl guère que de !Jons LJcliciens d';111ci,'nréginw. Quand on signala à ~arcé l'approche des bandes paysannes, il hésita, ,e demandant si cc n'élaienl point des r,rccs patriotes qui s'avan~aienl; il i:nmohifüa sa troupe et lii,•ntôl, ,nrpri; par ùe, furcc, supérieures, S·' retira en dé-ordre. Si Quétinea11 évacua Bressuire et, le;; mai, livra Thouar, pre,•JLHl sans com!Jat, ce n'est ni par l'élonie ni par làchcté, mais enveloppé et men tcé ,oudain par toute une arméo là où il cro)ait n'avoir affaire qu'à quel que, !Jandes, il crut qu'il n'a mil pa, le droit de risquer sa troupe, et peutêtre dans une guerre ordinaire aurait-il eu rai-on. )lais dans le combat terrihl" qui était engagé, N d'où déprndail ra,enir du monde, Ioule défaillance, 111ê111chonnt'le, élail 1111 crime. Plnlôt que tl'accc,,tcr que les autorités locales de Thoum, arborent le clra1ieau hlanc, Quélincau aurait dù lullcr jusqu'au dernier sourne, ju,qu'au dernier homme. ~ais il ne comprenait pas, el au loin, à Paris, là où les camrs lmilail'nt au cenlrc m•'mc du roi er, ces faiblesses élaicnt interprétées comme des lrahi•orF. Trall•I', au•si ce1n qui, dans la Convention m,'me, en db,imulant d'a!Jord ll' pfril, en alliétli,,anl la flamme rélolulionnairc, en criant à J'a1urchic, ü la 1, rannic el au ,rantlalo dès que la Commune ùe Pari, prenait une décision un peu vigourt!u,e, a,aient livré à l'ennemi la Révolution incohérente el incertaine. Ainsi, dans les sections lumultucuscs où se hcurlaienl les sans-r11lollrs et les culott,·s ùoréc,, le parli <lu momt•ment, rl~ l'action. de la lutte forcenée el fanatique transformait tous les soirs en ari:-uments d'une force croissante les ùélailc, répclécs de la !\évolution en \'endée. A Lyon, habitué à vi1•re sous la di5cipline de sa grande industrie, et qui ne recevait pas d'emblée, en plein cœur, comme Paris, toutes les commotions de la patrie en péril, les nouvelles de Vendée encourageaient au contraire vaguement les modérés; ils y ,·oyaient une premi~re leçon inflicée à l'outrance r<'volutionnaire. Mais à Paris le péril aigu <le la liberté el rle la pürie entrait tians les llmes ccJ·11meu11e poi 11tede feu, et sous cet aiguillon ardent la füvolution se soule,·ait. Qui allait yaincre dans Pa1ü, dans les sections? Un moment on put

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