Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIHE SOCIALISTE -------------------------- Angletrrrr, a pélrit:ilTéremmcnt lrs in,tit11lion,·? Peul-Nrc, en France, fallaitil relit' ,·onrrnlralion, rl'il<' rentrali-aliun du potnoir royal pour .1hatlre ~es ljranù, feuclala rc·,-, r,, !lc,1•olco ,t•udau, qui foulaient le peuple l'l morcelait•nl la n:ilion. \'ou, t'royl'z moiraballu la féodalité; mais il n:cn restait plu, que r, 111lm•: et· •ut l l,•s rui, 11uilni waienl cnJ,,.-é <l"abord ,a force el sa sub~lanl!l'. El ~i cet <'frort1nyal Ill' \l•Usa pas lt~hlle UIIC'France libre <·l habituée à la lil,,..rté, il Yous a légué, du moins, une France uni liée, rl où la ,ou,,'raindé de la nation 1~ut ,c dép loi cr plus largement qu'en aucun pays dn monde. Pcut-èlre le n,oun'ment popnlaire qui me m,•nace el qui ,a m'emporter ,urait-il ,-té ajou, né ,l'un denri-,ii•cle ,i moi-m~m,, je n'en avais 1·as donné/ le signal par la convocation de, (,Lats gtnéraux el par le ,louhlemenl du Tiers. • Que voir,• orgueil ne s'irrilP pas si je ,ous db qur c·est moi qui ai mis dans vo, mains lïn,trurncnt de la fü:\'Olutio11 11ui ,·a me frapper. Je ne l'ai point faiLpar une ,orl,• fic complaisance génér1·u,e: il n'y a guère d'exemples d«ns la \ ie d(•jà longue des ,ocidé• huu,ainc". d'un pou mir qui sacrifie spontané111(•ntune I art de ~r~ 1rérogaliws. J"avais hesoin de la n.ition pour rétablir les finance,, µour ohtrnir clP, ordre, prh ilt•gié, des co11lribulions dcvenurs néccs,aircs il l'f:tal el que lrur égoïsme imµrévoranl m·a,.ait refusées. Tel e,l le my-li•ricu, enchaînement ùc, rho-e,, que c'est peul-Mre pour aYoir rn,ltllé Lt monarchie en ,011lenant lïn,J,·pcnrhnce de l'Amérique, que j'ai été obligé tle foire appel en France au, Llah ëé11éraux el d'ouvrir la Révolution! lla's j'.l\,!Î, hi, n le droit ùe r,er ,er que des précaution, étaient d'aut,int plus nècc,,aircs que le peuple de Fr,,nce n\1rnit pas été accoutumé à se gouwrner lui-même. t.;nc transition trop hrusque pouvait tout perdre. C'est pourquoi j'ai suneillé, pour la coutenir, la Révolution commrnçanlc, et l'L où rous avez cru ,oir intrigue el complot, il n'y avait que raccom1>Ii,,cmenl tic mon devoir ,Je roi ( n,ers la royauté tl env0 rs la Rc1·ululion clle-rn,'me. « La noblesse et le clergé, malgré leurs fautes, étaient les appuis ,,·culairrs de la monarchie. J'ai tenté, tout rn limitant leurs prhilèges, de les ~auver, cr,mme ordrr,, ,runr dc-truction totale. A1·ez-vous le droit de m'l'n faire un crime? Mai- -i c·e,l un rri11:c ù'avoir lent6 d'arrêter la llévolulion à tel ou tel deg-ré, 1ourquoi les rérnlutionnair,..s n'ont-ils pas demandé d'emblée l'aholilion de la royauté? Pourquoi ont-ils ts,ayé de condlit•r la tra,:ilion royale cl la ,ou,·eraineté pc,pulaire? C'est l'Assemblée constituante qui a inscrit la royauté dans la Constitution. • Aujourd'hui, vous vous dites ou vous ,ous croyez lou, républicains, el à \"OUs,-nlendre, on croirait que la monarchie est une sorte de monslr,' n~l:que, dès longtemps enseveli, el ùonl le souille même ne vous a i,as effleurés. • Or, il y a deux ;ans encore, il n'y avait peul-être pas un républical:; parmi 1ous. Même quand j'eus quitté Paris pour aller chercher tians l'Estde

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