Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALlST~; 883 pris Mirabeau, c'est de ra\'Oir méprisé, c'est de n'.tl'Oir \'li dans les admiraliles consultai ions politiques où il r,-ayait de lui faire comprendre la R,'volulion, que la l,e,o.;ne misérahlr d"un al'e11luricr aux ahoi,. Ce crime de l'esprit et du camr, cc crime <Ir mi•diocrilé èt de ha~scssr. Louis X\ï le paye lerrihlement à celle heure. Parce qu'il s't·st rcf11,é à pen-er avce 1,, ~rnnd homme qui tentait d'harmonber la Hévolulion rt la roya11l1' re110111rlfr. Louis .'i.YI l'araft devant la Convention ,ans """ i I r. li n'a rien :t dire au, én•1,u11,·nb et illl\ lwmmps: rt il ne rec,•\J'a quelque grandeur que de la mort, 1··r,t-i\-dirc ,1,, ,.,, l't:ncmi-. Q111' de d10.,cs pourtant il aurait pu opposer à ,es ju~rs, >'il .l\ait applf.1ué au 1•r11cèsla grande philosophie politique que )lirabr Lli ltti a,ait 11':sttée! « Yous ,·ou lez me jue:er, et san, doute I ous me frapperez tlPmain. Je ne crains pas la mort, et je ne viens pas vous disputer ma tNe. L'hbloire m'a appris que la mort des rois appar'1tl aux peuples comme la solution des crises terribles. ' • Je ne vous contesterai clo11cpa, le droit de meju~er. Yous êtes la force, comme j'étais la rorce; vous Ales les mallre, aujourd'hui comn,r j'dais le matlre hier; et si le peuple que vous reprr-;entez avait le droit rl'enrnhir les Tuileries au 20 juin el au 10 ao0l, s'il a,ail le droit de suspendre mes runelions de roi, d'aholir la royauté, tle proclamer la RépuiJliqne, et de m'enrermer au •remple, il a aussi le droit de m'arrache,· la vie rt de donner à l'exécution capitale qu'il prépare une apparence de jugement. .\lai, pourquoi suisje ici? el d'où vient le conflit qui m'amène, 111oile roi tl'hier, del'ant les représentants révolutionnaires de la nalio11 ·? c·e,t moi, moi seul, que mus accusez. C'est à moi 5eul, c'est à ce que vous appelez mes trahison,. que vous imputez la responsabilité des agitations dont souffre la France. Et c'e;t sur la tète d'un seul homme que vous faites porter le 1,oids d'é1éuemcnts immenses. Prenez garde, 1uus qui vous croyez républicains! penser ;linsi, c·est être encore monarchi,te, car s'il est nai qu'un seul homme détermine, en bien ou en mal, la marche de l'histoire, le droit <le la royauté e,t fondé. L-t nation accusatrice d'un côté, el un iudi1·idu accusé de l'autre: c·est la monarchie retournée, mais c'est encore la monarchie. Et moi qui de1Tais avoir de la puissance des rois une plus haute idée que celle que rous en a, ez vou,-111émes, je vous dis qu'en résumant sur la tête d'un seul homme la re~pon,abililé ct·une crise aussi vaste et d'un conflit aussi profond, l'Ous cédez, plus qnïl n'est raisonnable, au prestige séculaire de la royauté. " Le passage de la monarchie absolur que je représentais à la démocratie extrême que vous voulez fonder ni, va pas sans difficultés et saus périls. Ce n'est pas ma faute si depnis des siècles il n'y aYait pas en France des institutions de liberté et si tout le pouvoir était concentré au, mains des rois. C'll n'est même pas la faute de mes ancêtre.,. « Croyez-vous que c'est la volonté seule des rois <Jtti, en France et eu

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