Jean Jaurès - La Convention

1 l71 11ISTOlfil:: SOCIALlSTE général roia!i,le. Le système <lr Dm ton N-iit, en efTct, cle provoquer, à quelque prix que rc fût, nu mouY<'mcnt tnmullucu, dans Pari,, de frapper la Conycnlion, de la <lissoudre rn tout 011 rn partie: .çon but hrtit dP fournir à /i11,11<,11ri,: un pri'te.r:Le de diri.'J''" son armi'e wr l'aris en Ill (1,is,1111 ,,rëc•dn t1·1111pPtoclmnation aux rlt'partri11Pn/s sur lrt nt'ce,sité de ,·1'p11rer /P mr,Z ,,,11.,: par la 1'iolation de ta repri'sPntation 1wtio11rt!r... Un pareil -,,tèmr (•taiL.i·au,anl pins pcrfiile que le, trois oralcur., de ce parli ne ce;,aient de Il u·ler ,te la coalition clu côté rlroit avec Dllmouriez. <• Cepen,lant, ce général agissail pour d"Orlt-an,; 1l'Orléans était le clé1lllté du coi-ps élrctoral robespierriste: d'Orléans n"était pas é"trangcr aux intrigues de Danton, el moins encore à celles de M,,ral. D"un autre côté, il y avait des rapports intimes de corresponrlance entre Dumouriez et Grnsonné. Tout cela me donnait à penser, et je ne savais en moi-môme que me Mllcr rie tous ces chefs ries deux partis contraire~. » C'est, en ce qui touche Danton, un roman presque aussi absurde quP celui de Salle; mais c·est l'inrlice des <lélianch qu'il inspirait, c'est le sig-nr de l'e(- flcacité des calomnies amoncelée, contre lni. Barère, dans ses ilf.'11,oi,-rs, re vient sur ce sujet : • D'un côté, la Belgique était le premier objet de la convoitis' de Danton el de Uicroix pour acquérir des richesses et se rendre ma!lres de la Révolutiou à Paris: de !"autre, le principal objet du parti Gensonné et Brissot était d"avoir à sa disposition un i:ténéral et une armée pour ensuite organiser la France eo fédération comme les Étals-Unis, et neutraliser ainsi la force gigantesque el corrompue de la capitale. • En efTel, il toutes les époques depuis 1791, nous avons eu une caste plus dangereuse que celle des prêtres et des nobles, c'est la caste moderne des profileurs de Révolution: ambitieux qui n'ont jamais changé d"esprit et de principes de conduite, qui ont toujours cherché à se placer derrière des généraux célèbres, heureux et entreprenants, afin que, avec le secours de ces militaires, transformés en mannequins du pouvoir, ils pussent s'emparer du trésor public, de la puissance el des divers emplois honorifiques el lucratifs. •> Ici, l'explication est encore rabaissantc pour Danton. Il est injuste de dire qu'il ait cberché en Belgique richesse et pouvoir. Et j'ai dit déjà quel était son vaste el noble dessein. Mais, du moins, Barère ne J'accuse plus d'avoir été le complice de Dumouriez, et d"avoir su,cilé des troubles à Pdris pour donner au général factieux un prétexte à intervenir. Évidemment, comme il en con~;ent, c'est la Gironde qui complait, pour mater au besoin les anarcllistes de Paris, sur le prestige et sur l'épée du général victorieux. li était pour elle, avec ses soldats venus de toute la France, le cher de ces forces départementales qu'elle n'avait pu, à son gré. appeler el maintenir à Paris. El Barère, résumant sa double accusation, dit :

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