Jean Jaurès - La Convention

880 IIISTOlllE SOCIALISTI<: nirs qui ,c,nb!aienl perdus en un pa,-é inaccessible el rendre, en quPlque sortr, son I') thrne normal il la march,, du temps? « Français, la R~volulion qui vous rl'génère, a développé en vou, de grandes , erlus: mais craignez qu'elle 1ù1il afTaibli dans vos O.me; le sentiment de l'humanité, sans lequel il ne peut y en avoir que de faussrs. • Entendez d'avanr,e l'histoirt' qui redira à la renommée: Louis était monté sur le trône à , ingl ans: il donna sur le trône l'e~emple des mœurs; il n'y porta aucune faible~,e coupahle ni aucune passion corruptrice: il y fut économe, juste, sévère, il s'y montra toujours l'ami con:,lanl du peuple. Le peuple désira il la <le-truclion d'un impôl onéreu~ qui pesait ,ur lui, il le détruisit. Lr peuple dé,irail l'abolition de la servilurlr, il commença par l'abolir lui-m6m·' dan~ .es domaines. Le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle, pour l'adouci:-sement du sort des accusés· il fit ces réformes. Le peuple voulail que des milliers de Français, que la rigueur de nos u-ages avait privés jusqu'alors des droit, qui appartiennent au, ritoyens, acqui~renl ces droits 011 les recouvrent: il les en fit jouir par ,e, lois. Le peuple voulait la liherté, il la J11idonna. li vint m~mp au devant de lui pour ces rnrrifices, et cependant, c·esl au nom de ce même pruple qu'on drmande aujourd'hui ... Citoyen,, je 1i'achève pas ... Je m'arrôle dc1anl l'histoire; songez qu'elle jugera votre jugrmenl cl que le sien sera celui des siècles. • Desèze a vraiment plaidé l'acquitle,nent. li a évilé avec soin tout ce qui pouvait heurter les idées ou les pa~sions do la Convention. Pas un moment il ne s'est dressé en accusateur; pas un moment il n'a opposé à la Rérnlulioo elle-mêrne ses incertitudes el ses déchirements; il n'essaie pas de tirer parti des hainrs secrètes des factions rivales ; il essaie, au contraire, d'endormir toute violence et toute haine. J'o!Jserve qu'il n'a même pas efOruré la question de l'appel au pruple. JI n'a pas dit à la Convention que ,i elle voulait juger révolutionnairement le roi, il n'y avait qu'un juge ,·évolutionnaire, la nation elle-même .. fe ne sais comment, dans son célèbre discours du 4 janvier lî93, Barère a pu dire : • Le recours au peuple, qui était farme de l'accusé, est devenu l'arme de plusieurs juges. » En tout cas, si les royalistes désiraient el deman daienl l'appel au peuple, ce n'est pas l'accusé lui-même qui le demandait : cela était hors du si stème de défense de De:,èze. Au conlr,d,·e, Du!Jois-Crancé, dans son discours du 31 décembre, a interprété un passage de la plaidoirie comme un désaveu de l'appel au peuple : « En morale, dit-il, cet appel au peuple est si absurde que Loub Capet lui-m~me, que nous devions croire intéressé à le réclamer, l'a positivement refusé. Voici les expressions dont il s'est servi par l'organe de Desèze, son défenseur o!Hcieux, c'est lui qui parle :

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==