Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1167 c·est de lfarat que M. de Calonne dit un jour au libraire du faubourg SaintGermain qui le lui avail fait connatlre : « - Ah ! les notables veulent des ré.volUlions, je leur en ferai; votre homme « me sera très ulile •· ~laral alla à Londres pendant la première année de la Révolution el prit les instructions de William Pitt cl de ~I. de Calonne refugié en Anr;lcterre. A son retour, il publia les premiers numéros de l"Ami d" pPuple, où il propagea les exagérations démagogiques . ., El void ce que Barère dit de Danton, précisément à propos de la Vendée: « li obséda le comité, relativement à la guerre de Vendée, jusqu·à ce qu'il e(H ohlenu, par ses imporlunilés el ses nouvelles, qu'on délibérât sur la néces-ilé de faire partir des bataillons volontaires de Paris, et de donner le commandement général de celle armée à Santerre, inslruruenl docile entre les mains de Danton. Celui-ci agissait-il aimi dans l'inlérêl de la Commune, pffr les insinuatiom d'un parti puissant qui se tenait au fond de l'Allemagne et ensuite à Lond,·es? ... » El il termine par ces paroles où le sous-entendu éclate: "C'est à l'histoire inexorable el surtout in\·esligalrice de la vérité, qnïl appartiendra plus particulièrement de signaler les causes secrètes, les agents coupables ou intéressés de celle exécrable gurrre ci\'ile; alo,·s on srra bien élo1111és,ans doute, de i-oir quelle< mains ont décltù·é le sein dP la patri,, quds profond;, hypocrite., ont entretenu au Cfl?!II' dr la F,·auce celle contar;ir,npolitique et ce fant,ime fw·ieu r, qui dernil empêcher la tiberté poliliq111d•e s'établir et le droit du pwplr c/1• s·o,·r;aniser, protér;<'par une Co11,ti- /ution et de, lois sagrs . ., Je sais que ces insinuations de Barère s'appliquent à une période ultérieure de la guerre de Vendée; el je n'oublie pas non plus que quan I il écrirnit ces lignes, llarère éprouvait, s1n s doute, le besoin de se justifier devant la postérité ct·avoir ou immolé ou laissé immoler Danton et Robespierre. ~!ab, encore une fois, ces hypothèses plus que suspectes ont dû lrayerser son esprit en celle fin de mars où il se tenait, suivant l'expression !le )lercicr du n,,eher, " serro contre Pélion • et en communica lion assez étroite avec la Gironde. Lïdée de Barère el des Girondins était que les défaites, les crises, les con1 ul~ions servaient la politique d'action Yéhémcnte, enthousiaste, brutale de Danton, d,, Robespierre, de i\larat el de la Commune de Patis; el ils concluaient avec la logique déliranle des partis : • Puisque la violence des événements sert la lactique de nos ad1ersaire,, ce sont eux q•1i provoquent celle viùlence des événements. » De là, le roman extravagant de Salle. De là, l'audacieuse affirmation du journal girondin, que les troubles de Vendée sont fomentés • par de, émi,- i;aircs anarchistes •· Certes, les Montagnards aussi arnient leurs hypothèses

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