JlG(l HISTOIRE SOCIALISTE as,assine Irs deu~ autres, el règne seul, d';.hord sous le litre de dictateur, efüuile. ,ans dégui5emenl, sous celui de roi. Voilà leur plan, n'en doutez pas; à force d'y rèl'er, je rai troul'é; tout le prouve et le rend évident. Voyez comme toutes les circonstances se lient el se tiennent! li n'y a pas un fait dans la flcvolution qui ne soit une partie et une preuve de ces horribles complots. Yous êtes étonné, je le vois; serez-vous encore incrédule? « - Je suis étonné, en effet. ~lais, dites-moi, y en a-t-il beaucoup parmi vous, c'est-à-dire de votre côté, qui pensent comme vous sur tout cela? « - Tom, ptesque tous. Condorcet m'a fait une fois quelques objections; s;eyès communique peu avec nous; Roland, lui, a un autre plan, qui quelquefois se rapproche et quelquefois s'éloigne du mien; mais Lous les autres n'ont pas plus de doute que moi sur ce que je viens de vous dire; tous sentent la nécessité d'agir promptement, de mettre promptement les fers au feu pour pré1·cnir tant de crimes et de malheurs, pour ne pas perdre tout le fruit d'une révolution qui nous a tant coûté. • :'-iolczque lorsque le Patriote français parle, en soulignant les mots, de la triple compiration (el il en parle sans cesse à celle date), il fait écho aux propos de Salle. Les Girondins donnaient une sorte de tour cabilislique el de formule mystérieuse aux combinaisons incroyables qu'imaginait leur esprit surexcité. La triple conspiration devenait la hantise du parti, le mot de passe que les initiés prononcent en public, mais en lui donnant un sens secret plus profond, une signification ésotérique. Comment des hommes aussi hallucinés auraient-ils pu voir la marche de la contre-révolution dans l'Ouest? Comment auraient-ils pu la comballre 'I Barère le prudent, ou, comme disait Desmoulins, Barère le flegmatique, se laissa gagner, sans doute, par cette contagion de soupçon et de folie. Je sais bien qu'il ne faut accorder qu'un médiocre crédit à ses Mémoires, où en s'imaginant se défendre, il s'est rapetissé lui-môme comme à plai,ir. Il n'était plus, quand il les écri vail, soutenu par le grand soli file de la Révolution; il n'était plus comme agrandi lui-mème par la gran,leur des événements, et il ne lui reste bien souvent que ses impressions les plus mesquines el les plus misérables sur les hommes. On dirait qu'ayant survécu il s'en excuse, en rabaissant ceux qui furent frappés. Pourtant, s'il a, dans ses Jléi,wfres, précisé bien des pensées qui, sans doute, furent flottantes, el aggravé bien des jugements qui furent moi:is sévères quand Barère était en contact di1·ecLavec les événements et les hommes, il a puisé, sans doute, dans le fond de ses impressions et de ses souvenir, ce qu'il dit de ~larat et de Danton : « Jlarat fut Z-aqent secret de Pitt el du comte de P,·ovence penda11tla crisr 1'évolutionnaire; il avait été i11diquéau ministre anglais et au pri11cede l'éllliyration par .II. de Calonne, qui avait connu Jllarat à Paris pendant les premières assemblées des notables, et qui dirigea la pluTM de cet écrivain.
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