iiû8 IIJSTOIRE SOCIALISTE insensées et leur logique folle. Quand Robespierre, sur la foi d'un propos étourdi de Carra, accusait tout le parti de la Gironde de vouloir instaurer sur le trône le duc d'York; quand les Montagnards, constatant que la politique de résistance de la Gironde les conduirait peu à peu à faire cause commune a,·cc les royalistes, concluaie11t que les Girondins servaient de parti pris les royalistes, c'était le même égarement de passion, le m~me sophisme énorme. Mais ces hypothèses passionnées et fausses ne cachaient pas aux Montagnards Je péril présent et pressant. Elles l'aggravaient, au con traire, à leurs yeux, puisque, selon eux, la contre-révolution royaliste était comme doublée d'une intrigue girondine. Aussi leur action contre les forces de réaction restait directe, sincère, totale. lis criaient d'abord : Contre l'ennemi ! Sus à l'envahisseur! Sus aux 'conspirateurs et aux traitres! Et si un éclat de la foudre lancée par eux rejaillissait sur la Gironde, c'était tant pis selon Danton, qui aurait voulu ménager encore et concilier tous les éléments révolutionnaires; c'était tant mieux selon Robespierre, ~larat, Hébert .et la Commune. Mais c'est l'étranger, c'est Jïnsurgé, c'est I' Autrichien, le Prussien, le Vendéen que la foudre de la )iontagne frappait d'abord. Leurs erreurs mêmes passionnaient les ~Jontagnards à l'action ; et, au contraire, les Girondins étaient comme hébétés et paralysés par leurs hallucinations politiques. Ce n'était plus, en mars, qu'un parti incapable d'action, un parti infirme. La fièvre des ~lontagnards se tournait en énergie de combat; celle des Girondins se perdait en illu~ions délirantes, en rêves agités lout ensemble et immobiles. Après n'avoir vu dans la révolte funeste de l'Ouest qu'une manœuvre des anarchhtes parisiens envoyés en secret par la Commune, le Pa11·iotefrançais prodigue, de numéro en numéro, les notes optimistes. Ce n'est rien ou presque rien. Xuméro du 22 mars : « Dans Je département de la Mayenne, les révollés, quoique rassemblés au nombre de plusieurs mille, n'ont pas eu de succès. lis ont été repoussés de Laval et de plusieurs autres l"illes; et on leur a fait des prisonniers. • Numéro du 25 mar, : « Des nouvelles consolantes sont arrivées des départements du iiordOuest. Nantes, qui avait été entièrement bloquée par les rebelles, est maintenant dégagée. Cette ville dut son salut à l'intrépiclité des corps administratifs el au courage infatigable de sa brave garùe nationale ... • Numéro du 26 mars : « Les nouvelles des départements en proie à la guerre civile sont très satisfaisantes. " Ainsi, la Gironde endormait, dans un optimisme systématique, la vigilance de la Révolution menacée. Et quand Mercier du Rocher vint dire la réa-
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