1160 HlSTOlllE SOCIALISTE petites villes au grand cœur s'obslinèr ent dans la résistance. Les patriotes sablais surtout, en gardant à la Révolution le port de l'Ouest vendéen, rendirent un service immense. Et la lutte de ce que M. Chassin a si bien nommé • la Vendée patriote», le sang-froid de ces groupes comme perdus en un pays hostile étaient d'autant plus héroîques que, tout d'abord, il ne fut pas aisé aux .-évolutionnaires vendéens de faire comprendre à Paris, à la Convention, l'étendue du péril. L'Assemblée sut, par le directeur des postes, le 17 mars, que les courriers de Nantes étaient interceptés. Elle apprit aussi que la révolle avait éclaté aux environs de Redon. Elle porta le 19 une loi terrible, qui condamnait à mort tous ceux qui seraient • prévenus d'avoir pris part aux révoltes ou émeutes contre-révolutionnaires qui éclataient ou écla t~raient à propos du recrutement. tous ceux qui auraient pris ou garderaient la cocarde blanche•· S'ils étaient pris ou arrêtés les armes à la main, Îls devaient être dans les vingtquatre heures livrés à l'exéc ulion des jugements criminels. Un procès-verbal de deux signatures su filsail à rendre le fait constant: la conll,cation des biens suivait la peine de mort. Tol!te la Convention vota cette loi. Même c'est Lanjuinais qui y fit introduire les dispositions les plus terribles. C'est lui gui avait demandé que la peine de mort frappât ceux qui « port eraienl la cocarde blanche•· Et Marat s'était révolté contre cet excès : • La mesure proposée par Lanjuin ais est la plus insensée, la plus indigne d'un ;être pensant el bien intentionné pour la République. Elle ne tend à rien moins qu'à faire égorger les vrais patriotes. Ce ne sont pas les hommes égarés contre lesquels il faut sé,•ir, ce sont les chefs. » Lanjuinais était un homme intrépide et d'esprit inflexible. Il ne faisait pas corps avec les Girondins: il n'aimait ni leur inconsistance un peu bruyante ni leur « impiété •• il était janséniste el chrétien fervent. Il avait le sens de la liberté et de la loi, mais son esprit étroit ne comprenait pas les grands mouvements populaires, les nécessités de la Révolution, et toujours, pour combattre l'anarchie et la démagogie, il s'opposait aux actes de vigueur nécessaires. Cette fois, s'il rut terribl~. c'est parce que les insurgés de l'Ouest outrageaient la loi, et que Lanjuinais voulait défendre la loi contre tous. J'observe cependant que dans l'opuscule qu'il a écrit pour sa défense en 1703, et qui a été publié par son petit-llls, sous le titre : Examen de la conduite de Lan;'uinais, députéproscrit, il néglige une occasion très naturelle de rappeler sa motion. • Camille Desmoulins, écrit-il, dans une adresse du 7 juin dernier, au nom des Jacobins de Paris, m'a accusé d'avoir été le pape de la Vendée. Je n'examinerai point si c'est une faute ou un crime ... Je ne lui dirai point qu'il est le pape des calomniateurs; Je laisse là les figures dont il rail un si ridicule emploi. J'affirme simplement que Je n'ai jamais eu aucune sorte de rela-
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