Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1161 tions avec les rebelles de la Vendée, que je n'ai jamais été dans ce pays, que je n'y connais personne et que je n'y ai jamais eu de correspondance. C'est à lui de prouver le contraire ou d'avouer sa turpitude. • Oui, mais pourquoi Lanjuinais ne répond-il pas que c'est lui qui a proposé contre tous les rebelles de l'Ouest la loi la plus redoutable? c·eot été une réplique très forte. Mais sans doute, ses impressions à ce sujet s'étaient modifiées un peu, et il laissait volontiers dans l'ombre celle terrible metion. La Gironde, dans l'ensemble, accueillit assez froidement les communications et les appels èe la Vendée patriote. Elle ne prit pas très au sérieux le péril vendéen. Mercier du Rocher J'affirme très netlement. Pervinquière et lui, délégués auprès de la Convention, allèrent, le 23 mars, au Comité de défense générale (el non de sureté générale, comme l'imprime par erreur M. Chassin à la page 517) : • Pétion, présidant ce comité, et la plupart des membres qui le compornient élaient du parti qu'on appelait girondin. J'y vis Barbarou.x, Vergniaud et Gensonné. On discuta longlemps sur les moyens de ramenP.r la tranquillité dans les départements révoltés. Lamarque proposa de charger le pouvoir exécutif de cet objet. Je répondis que cette disposition était insuffisante; je représentai la guerre civile et toutes ses horreurs répandues sur le territoire de la Vendée qui serait peut-Nre bientôt à la merci des Anglais. On me dit qu'il ne fallait pas m'exprime,· aussi énergiquement; mais je répliquai que je n'étais pas là pour cacher la vérité et qu'il fallait bien connattre le mal pour y appliquer le remède. Gensonné dit au comitéqueledépartementdela Vendée était entièrement fanalisé, et que, sur ,•ingt citoyens de ce pays, à peine rencontrait-on un patriote. • Gensonné, répondis-je, il y a encore des pa- • triot3s dans la Vendée; mais pourquoi n'as-tu pas dit au Corps législatif • la vérité dans le rapport que tu lui en as fait dans la mission sur notre ter- • riloire? Pourquoi lui as-tu caché la disposition où étaient les esprits dans • ces contrées? Pourquoi ne démasquas-tu pas l'incivisme de Péchard, qui « était l'âme de l'adrninistration? Elle était bien coupable, elle a favorisé les • prêtres réfractaires et les nobles. • • Gensonné se tut. On continua la délibération. Santerre, commandant de la garde de Paris, était présent. « D'après ce que vient d'exprimer ce ci- • toyen, dit-il en me montrant, il n'y a pas un instant à perdre. Il faut faire « partir pour la Vendée vingt mille hommes de la garde nationale de cette ville • dans toutes les voilures qu'on pourra se procurer. Ils seront rendus dans • huit jours en présence des brigands, qui rentreront bien vite dans le devoir. • Nous saisirons les prêtres, les nobles et les scélérais qui les excitent. Les « bons cultivateurs reconnaitront leurs erreurs; nous leur parlerons le Jan- • gage de la raison et de la fraternité, el le calme sera rétabli. • Celtt proposition fut appuyée par Marat, mals elle ne fut pas mise aux voix. • On ne s'inquiétait même pas de recueillir des renseignements sw

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==