1136 IIISTOIHE SOCIALIS'l'E public s'appelle Fouquier-Tinville. 11 est de ceux que le Patriote Français cite complaisamment. De 111éme,dans l'elîorl de DJnlon pour concentrer la force révolulionnaire, pour organiser le pou voir exécutif, elle a1Tecle de ne voir qu'une manœuvre de prélendanl à !a diclalurn. Le gouvernement nouveau, s'écrie-l-elle, élait tout préparé. Le-Patriote français dit, le 13 mars, à propos de la séance du 11 : « lis ont cru qu'il ne s'agissait plus que de monter au tr/Jne; déjà ils s"étaient partagé les IJranches du pouvoir, leurs complices colportaient complaisamment la liste du nouveau Conseil exécutif. Dantou élail ministre des alîaires étrangères; Duboi,-Crancé, de la guerre; Jean fion Saint-André, de la marine; Thiriut ou Cambacérès, de la justice; Fabre d'Églantine, de l'intérieur, el Collot d'Herbois des cou tri butions. A la vérité il leur fallait encore un décret: mais ils al!Jient l'exiger, ils le croyaient rendu. Danton monte à la tribune, sôrdc son succès: il demande que la Convention se réserve le droit de choisir les ministres dans son sein. Nous y voilà, s'écrièrnnt quelques membres! Personne ne doutait que Danton ne voulùl él1·e le premier de ces mi11btres: on en douta bien moins encore, lorsqu'on l'enlemlil jurer pa,· lu patrie, que jamai; il n'acccpleiail une µlace dans le ministère. Danton, jurer par la patrie! la patrie d'un aml>ilieux I li 111'asemblé enlendre un athée jurer par !'Être suprême. • Ainsi les Girondins dénaturaient les plus noLlcs elîorts de Danlon pour arracher la llévolution au chaos el à l'impuissance. Ainsi, ils accusaient de prétendre à la dictai ure et même au trône quiconque, hor, d'eux, voulait organiser contre las enn•Jmis ùu dedans et du dehors la force révolutionnaire tiraillée el disper;;ée. Hélas! c'est par là que la Gironde se perclil. Si le peuple, un jvur prochain, se décide à lever la main rnr elle, à l'exclure de la Convention, c'est parce qu'elle lui apparait comme une force Loule crilique el négative, anarchique au sens profond du mol, el paralysante. De même que l'action vigoureuse d'un tribunal révolutionnair~ pouvail seule arrêter la justice sponlanée du peuple, de même l'action vigoureuse et concentrée a·un pou\'oir rél'Olutionnaire homogène pouvait seule épargner à la llévolulion la politique de désespoir qui, tout à l'heure, réalisera l"unilé par extermination. Mais voici où éclate l'étroitesse de cœur el la légèreté d"esprit de la Giron,:le. La Convention a décidé l'envoi dans les clépJrtements de 82 commissaires. Ces co111missaires auront une terrible tâche el une terrible responsabilité. li~ devront partout hâler la levée des trois cent mille nouveaux soldats dont la France a besoin. lis devront aussi braver tous les mécontentements et violenter tous les égoïsmes. li faudra qu'ils enflamment le palriolisme sans lui communiquer ce degré de fièvre où commence le délire. Il faudra qu'ils pourvoient à !"approvisionnement du peuple et des armées, qu'ils sur-
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