Jean Jaurès - La Convention

IIISTüinE SOCIALISTE vous résrrvez pas crlle farulté. Apr~s un tel aveu. Je vous somme to•1s, riloyens, de clesccn Ire dans vo, con;cirnccs. Quel est celui d'entre vous qui ne sent pis la nécessité d"une plus grande cohésion, de rapports plus directs, ,run rapprochement plu, imm'11iat, plus quotidien entre les agents du pouYOirexécutif révolutionnaire, chargé de dérenrlre la liberté contre toute n:urope, el \'OUS qui ètes chargés de la dir~ction suprême de la législation ch ile el ùe la défense extérieure <'lela République? Yous avez la nation à votre disposition, vous êtes une Convention nationale, vous n'êtes pas un corps constitué, mais un rorps char 5é de con~liluer Lou; les pouvoirs, de fonder Lous les principes de notre R1'publi•1ur; vo,1s n'en violerez donc aucun, rien ne ;;era remer,é si, exnçant Loule la lalilude de vo, pouvoirs, vous prenez le Laient où il existe, p1ur le placer 1>arlout où il peul être utile. Si je me récuse dans le choix que vous po,irrrz faire, c'est que dan~ mon poste, je me crois encore utile à pou<,er, à (r1irr mard1er la ,·rvoltttion, c'est que je me réserve encore dr dénoni,er le; ministres qui, par mah·eillance ou par impéritie, trahir.1ienl notre confiance. Aus,i mellons-nous bien dans la tète que presque Lous, que tou, nous voulons le ~alul public. ( Vif~ applaudissemPllls.) Que les défiances parliculièrrs ne nous arrètrnt pas dans nolre marche, pui,quc nou5 a,·on, un bul com, u:1. Quant à moi, je ne calomnierai jamais per;onne, je suis saus fiel, non pat· verl11, mais par tempéra me 111. Lrt haine esl éll"anqère à mon caractère. Je n'en ai pas bPiob1. Ain;i, je ne p·1is être suspect même à ceu~ qui onl fail profession de me haïr. Je uous rappelle û l'irlfi11iléde nos deuoirs. Je n'entends pas désorganiser le ministère. Je ne parle pas de la nécessité de prendre des ministres dans votre sein, mais de la nécessité de vous en ré,er\'er lu faculté. • C'ét.1it un magnifique appel à la concorde el à l'action. C'étail promettre à la Gironde que si elle ,oulail abdiquer l'esprit de secte cl d'~xclusion, elle a11rail sa part dans lo miuistèrc nouveau, dans le ministère de s ,lut puhlic que formerait la Convention. Comment Robr,pierre accueillit-il l'inilialhe hardie de Danton? Il se garda Ilien de Cormuler sa pen:;ée a"ec la même 1.eltcté que IJanlon : il 1i"avail pas ce courdge de clarlé. Mais au rond, il mar~ha dans le même sens. Lui aussi sentait la nécc,~ilé croissante, pour la Révolution, d"arnir un gouvernement, de devenir un gouverne:nenl. Dès le 10, el avant mémo <Ill!!D 1nlon eilt esquissé sa motion, Rollespierre met en conlrasle la forte organisation du pouvoir eiécutif chez les ennemis de la Révolution el la disper,ion du pouvoir révolutionnaire. « Chez nous le Conseil exécutif 1iresque isolé communique a\ec vous, non seulement par lrs moyens des comité,, mais par celui de lei ou lei indi- \ idu plus ou moin, intimement lié à telle ou telle p1rtie du ministère. Les comités se saisissent d'une affaire. Sur leur rapport, vous prenez des décisions précipitées. Ainsi vous avez dt'claré la guerre tantôt à un peuple, tantôt à un antre, sans avoir consullé quels éhient vos moyens de soutenir vos ~

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