HISTOIRE SOCIALISTE 1129 solutions: ainsi la Convention marche sans se rendre compte de ce qu'elle a fait et de ce qu'elle a à fai,·e. « Et c'est ici, citoyens, que j'a1>pelle 1·otre attention. :--e conviendrez-vous pas que placés par votre organisation môme au centre de n:urope politique, au centre de tous les peuples qui veulent ôtr~ lib,·es, l'OU, devez donc a,surer les moyens de communiquer avec eux et d'exriter ces mouvement, que le despotisme a su employer si habilement?» Ainsi c'est d'abord pour assurer à la France u11ediplomatie plus secrète, plus agissante et plus directement pénétrée de l'esprit révolutionnaire, que Robespierre demande une réorganisation du poul'o:r exécutif. ~lais comment l'esprit rél'olutionnaire dont la Convention est le f'oyer se 1,ropagera-t-il, par l'intermédiaire du poul'Oir ministériel, jusque dan, les autM, pay;, ~i I,• pou1·oirministériel lui-mème n'est pas plus immédiatement soumi, au, influ 'li Ces, aux in<pir ,lions de la Convention? Et le lendem lin 11, quand Larel'l'llièreLépeau,, répon,lant à Danton, a ameuté les dénanccs el les jalou•ics <le la Convention, qu ,nd il a déclaré que« la Convention S'ra dissoute si elle fait chois pour le ministère d'hommes d'une grande amhition et d'une grande audace•, Robespierre se découvre plus hardiment, je crois, quïl ne l'avait Cuit encore en aucun débat. li ne se prononce pas à rond sur le système adopté; mais il semble aller au delà de Danton et se déclarer prêt, pour sa part, à accepter la responsabilité per;onnelle du poul'oir. li résiste à J.1 Conl'ention qui veut écarter, par l'ordre du jour, la témér.iire motion de Dantou. • Une grande question s'est agitée dans le sein de la Convention nalionale; elle a paru tenir aux circonsla11ces et au salut public. L'Assemblée a décidé de la discuter après J'org,ini;ation du tribunal révolutionnaire. C'est l'exécution de ce décrel que je réclame. A peine la di;cussion a-t-elle été ouverte qu'on dernail'le qu'elle soit fermée; à peine a-t-on entendu une objection, qu'on demande à n'en plus entendre. Eh bien! je demande, moi, <1u·une question si importante aux yeu, de tout homme capable de réfléchir, mise à l'ordre du jour par un décret, ne puisse pas en être écartée si facilement: je demande qu'en exéculion de votre décret, et au nom du salut public, la <liscussion s'ouvre sur la réorganisation du ministère. Je pourrais faire aussi ma profession de foi, si j'en avai; besoia. Je le déclar~ :je ne ltouve aucun mél'Ïte à nr point accPpler les places dangerettses el difficiles du ministère. Je pem,e qu'en les refusant on peut bien plaMl Cf/llSttllerson goùt et son inlér~t, que les pi·incipes. Je demande que nous discutions celte grande question. » Certes, Robespierre ne se préoccupait pas seulement de mieux organiser l'action révolutionnaire au dedans el au dehors. li savait qu'un renouvellement général de l'organisme du ministère et des comités permettrait ou d'éliminer ou de subordonner l'influence girondine. li haï;sail la Gironde d'une double haine, haine perso~nelle, haine révolutionnaire. Elle l'avait calomnié et humilié : el elle était une enlrave à la grande action de la France nouvelle.
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