Jean Jaurès - La Convention

lllSTOlllE SOCI.\LISTE 11?7 mités de la Convrnlion. li scmhlail qu·entre le Conseil exécutif prol'isoirc el le Comité de défense générale, il dùl y arnir harmoni<', puisque lï11flu,,nce µ-irondine domi1wit l'un el rautre. El pourtant, tanrli, qu'au Cornil() de Mft>n<e gén~rale quelques f(iro11dins semblaient seconder le; plans dt> Dumouriez, san, agir toutcfob ùe façun eflic:ice, la diplomatie du Conseil e,éculif, an contr~ire, le conteniit, le refoulait, interdisait ou ajournait l'c,pédiliou en lloliancle. (.lu·on en finisse a,·ec IP jeu compliqué el lent de ces rouages discordants. li e,t temps, pour sauver la patrie, • d'organiser le ministère, le pouvoir exécutif•· Lr 10 mar•, en même Lemps qu'il demande le tribunal révolutionnaire, il insinue son idée. « 11 faut ,anwr la France des conrnlsions de ranarchie; il faut établir el con,olider la llèpublique. Prenez-y garde, citoyens, la pusillanimité tue, raurlace sauve. Soyons prodigues d·hommes el d';irgenl, déployons tous les m0IPns de la puissance nationale, mais ne mettons la direction de ces moyens qu·entre les mains d'homm~s dont le a,,uact n,:cesiaire et habituel avec vous vous a•sure l'ensemblP et te:dcution des mesures que vou.i avc= combinées pour le salut public. Vous n'êtes pas un corps constitué, car t•o1~ç pouvec tout cr,n(tituer vnus-1nhnPs. » Le 11, il se risque el s'engage à fond. Rompanl avec la tradition défla:ile dP la Con,lituanle el de la Législative, reprenant avec audace, pour le salut de la Révolution menacée, ce que Mirabeau a l'ail proposé pour le salol de la 111<,narh,ic co, slitutionnrlle, il demaude que la Convention prenne les minislr,·s clans ~on sein, c'est-à-dire que le Conseil des miuistres soit, en réalilé, le Comité ,uprème : el il ,eut si Lien ee que sa motion a de hardi, qu'il érnrte d':ohortl de lui-même, avec une prudence qui ne me pai·al: pas répondre à l0tre 1(rnergie de ~on caractère, tout soupçon d"ambilion 1,ersonuelle. • S'il est dans mon opinion que la nature des choses el les circonstances e,if(e11l que la Convention se réserve la faculté de prendre parloul et même dans son sein des minbtres, je rtéclare en même temps, et je le jure par la pitrie, que moi je n·acce1lterd jamais- une place dans le minblère tant que j'aur li l11onneu1· d·ètre membre de ~1 Convention nationale. ,,' • - :Si ;iucu11de nous•, s'écrient en grand nombre les députés. 0 enfantillage I el quelle pubsance d'égarement ont donc les mols I Tout à l'he11re ils accepteront ct·entrer dans un Comifé de salut public qui 5era le plus puissant des ministères. Danton, comprenant que celle sorte de récusation générale anéantirait en fail son système, ,·empresse d'ajouter : • Je le déclare sans fausse modestie; car, je ra1•oue, je crois valoir un autre citoyen français. Je le déclare avec le désir ardent que mon opiniou individuelle ne devienne pas celle de tous mei collègues; car je tiens pour ineoolellable que vous ferez une chose funeste à la chose publique si vous ne

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