IIISTOIRE SOCIALISTE 1121 déclarant, à propos de la rnor: du roi, que plus la Rél'Oiulion était obligée de frapper des coups terribles pour se défendre, plus elle devait, par de larges lois d'équité et de généro,ité :;ociales, al tester au monde le fond persistant d humanité que recouvraient un moment les nécessités brutale, du combat t A\'ant d'appeler sur sa tête el sur son nom la formidable rl'sponsabilité du tribunal révolutionnaire, voulait-il se cou\'rir de1anl l'histoire par une loi de démence? Ou encore, se sentant ébranlé déjà par l'effondrement d! ces opérations de Belgique et de Hollande dont il a,·ail élé l'inspirateur, cherchait-il à grouper autour de lui les sympathie~ de toute celle bourgeohie paul're, meurtrie el ardente, qu'il allait libérer de chaines ;gnominieuse3 ou du cau- ~hemar de la prison? Se disait-il anssi qu'en apai,ant 1111 pru toute, cr, colères, on allénuerait les ferments de révolutio11 ,odale qui cC1mm<,nçaient à trarniller le peuple, sous l'action des Enrages·? « Respectez la misère, s'écriait-il, et la misère respccler,1 l'opulence : ne soyons jamais coupables envers le malheureu, et le malheureux qui a 1>his d'âme que le riche ne sera jamais coupable. » Il songeait sans doute à tous ces artisans menacés de la faillite, el dont Jacques Roux et Yarlet exagéraient les rancunes el les crainte,, à toute celle petite bourgeoi,ie excitée et souf!ranle, plus redoutable pour la stabilité de l'ordre révolutionnaire, que le prolétariat moins cohérent et moins aigri. Enfin, oserai-je le dire? Je ne puis dél'cndre entièrement mon esprit d'une sinistre hypothè,e. Peul-Mre, tout au fond de lui-môme, Danton s'est-il dit que le fonctionnement rapide du trihun1I réYolulionnaire peuplerait trop \ile les prisons el qu'il fallait faire de la place. liais plus prouablemenl, Danton, hanté par le souvenir de septembre dont il parle ce jour même, rci:Ioule que, malgré lïn,lilulion du tribunal révolutionnaire, le peuple, sous le coup d'un désastre el en une heure d'alîolemenl meurtrier, se porte aux prisons et recommence les massacres. Sans doute les prisonniers pour dettes, qu'un ordre de la Commune avait sauvés tout juste en septemure, faisaient-ils parvenir aux chefs révolutionnaires des appels pleins d'épouvante. Les laisserait-on, en un jour de confusion sanglante, égorger pêle-mêle avec les suspects de contre-révolution? Et Danton limitait d'avance le désastre possible. l\fais il ne sutusail pas à Marat, à Robespierre, à Danton, qui formèrent vraiment ces jours-là, par leur entente, une sorte de triumvirat momentané, d'arnir fail jaillir des cœurs la flamme du patriotisme el d'avoir organisé la terriule répression révolutionnaire. Ils voulaient encore concentrer les forces de la l\évolulion, mettre un terme à l'anarchie affaiulissante des pouvoirs. Par qui était conduite l'action révolutionnaire au dedans et au dehors? Par un conseil exécutif provisoire de ministres sans grande autorité, qui n'avaient ni assez de force légale ni assez de prestige pour diriger la Convention, et
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