Jean Jaurès - La Convention

1110 JIISTOlllE SOCIALISTE gardt>s ne daigna pas se gêner le moins du monde pour me faire place à ses côté,, cl je fus récluil à l'humilialion de courir de droite cl de gauche pour rhercher un boui de !Jane libre. 0 ciel! loul esl bouleversé dans mon empire; il n'y a plus moyen d'y lmir, me ,oilà Ilien déterminé à donner ma démission dictatoriale, à moins que le commissaire de ma seclion, qui a reçu ma plainte, ne fasse droil à ma reg u(\le, en rétablissant mon autorité. » c·esl un vif éclair de gailé sur ce visage si inquiet; mais cet empressement familier el amical de la :\lonlagne, ~laral ne ,ou!lra plus y renoncer. Ces mains tendues de patriotes, il ne voudra plus quïls les retirent, el si des ùrouillons, des enragés enlreprennenl la Julie contre la Montagne elle-m,'me, il les dénoncera furieusement. Son influence s'étend peu à peu sur la ~lonlagne; il dil, le 3 février : « On ne peut que rendre justice à l'énergie ci\·ique qu'a déployée Cambon depuis quelque temps. • Le voilà maralisé » me disaien l mes collègues de la :\lontagne. Tant mieux pour lui, le public témoin de ses efforts le comble déjà d'éloges, et croyez que le pilote maratiste, dont la faction Roland avait fail une injure, deviendra un tilre d'honneur, car il est impossible, sans i:Lre maralisle, d'être un patriote à l'épreuve, un vrai défenseur du peuple, un martyr de la liberté. • ~lais comment souffrirait-il que la Montagne fût allaquée au moment même où elfo se« maratise »·> Contre le mouvement des Enragés, Marat avait trois objections essentielles. D'abord il leur reprochait de substituer à l'action légale grandissante de la ~lontagne une agi talion désordonnée qui permettait aux rolandins de parler de complots. El il ne leur pardonnait pas d'injurier la Montagne, ,urtout la députation de Paris, quand celle-ci refusail de se solidariser avec eux. C'est pourquoi il;arnit comballu violemment les délégations révolutionnaires de février.• Son discours, dit-il, le 11 février, dans une adresse aux bons citoyens des sections de Paris, • arnil pour bul de détourner de dessus la ~lontagne, et surtout de dessus la députation de Paris lïmputalion du complot dont les pétitionnaires des sections étaient l'aveugle instrument. > EL il terminait son appel par ces mots : " Ces recherches (sur la qualité el le civisme des délégués) regardent particulièrement les sections de Paris dont les pétitionnaires ont compromis l'honneur. J'aime à croire que les bons ciloyens de Ioules les sections de Paris, tous pénétrés des bons principes, de l'amour de l'ordre el du respect dù aux représentants du souverain, s'empresseront de désavouer des faussaires qui ies faisaient parler en insensés el en factieux. » Dans le numéro qui j,orte la date " du dimanche 25 février •, mais qui est du dimanche 24, llarat attaque de nouveau les pétitionnaires : • Plusieurs sections onlimprouvé pareillement leurs commissaires de s'être laisses séduire par les intrigants qui ont rédigé la pétition insensée. A peine furent-ils éconduits de la Convention, que les plus intrigants se répandirent

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