Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE 1087 Liè(l"e,dans Liège où se.nt réunis tous nos approvisionnements et qui renferme des trésor, immenses. Nous ne vous parlons ain,i que d'après ce que dit le général Valence lui-mênw ... Nous travaillons il rallier les fuyards, nous employons Lous nos moyens auprès de l'administration 1,rol'isoire el des citoyens pour que le peuple de Liège nous seconde el supph'e à la pénurie de notre armée. Les dangers résultant de cette pénurie sont d"autaut plus imminents que !"ennemi est très fort en cavalerie el que nous n'en avons presque pas. • C'était signé de Go,suin, de Delacroix el de )Ierlin (de Douai). Vraiment, c'était grave el c'était suffisamment précis. Pourtanl le Comité de dé- !en,e, où dominait l'inspiration girondine, cacha d'abord res leUres à la Con- \'ention. El voici à quelle, proportions le journal de Brissot réduit les événements (numéro du jeudi 7 mar,) : « Une lettre très alarmante des commissaires dans la Belgique élail parvenue au Comité de défense générale. Le Cornil{• el le ministre de la guerre s"élanl accordés à y ajuuter peu de foi, on n·a pas cru dernir la communiquer à la Convention. ~lais des membres de la ~lonlagne en ont eu connai,- sance el ont exigé qu'elle lût lue. CPrles, il (aUail hre complice des Prussi,ns ou des pnrieurs à la Bourse pour en demander la l,cture. BJytr-Fonfrède a répondu que ce n'était pas parce que celle lettre an11011çaiul n revers, mais parce que le conte11uen était p_Pltvraisemblable, que celle lellr<' n·avail pas é.é lue, que d'ailleur, le ministre devait faire un rapport contradictoire. lia ajouté que lescommi<sairns avaient écrit, dans une autre l'irco11sta11ce, qne ,i on n'enrnyait pas I in~t I alaillons à Bruxelles, cctlr ville ail, il être en feu; que les bataillons n·onl p;1s été envoyés, el que la fâcheuse p1uphéti~ drs commi«aires ne s'e•l pas réalisée ... • Le ministre de la guerre di•cule celle lellre {des commis-aires): il ohser,·e que le léger échec que nous al'ons essuyé sur la Iloer ne portait pas un caractère aussi alarm~nt, el ne 1,ouvait pas a10ir les suites qu'annoncent l,•s commb,aires; il ajoute •1u'il itait impossible que les ennemis se porta,-,•11t ,ur LPge, puisque la )lcu-e est bordée de poses bien défendu,, que d',, '- leurs ~liranda cl Valence a l'aient des forces rnffbanles pour repou»er lo11,. attaque; quïl leur avait ordonné de se réunir, cl même de liVl'er bataille ,11 le fallait. ,, gt ~lanuel, ce mème jour, a t1es effusions idylliques : " L'arbre de h liberté, c·e,t un oliliPr ». Même après la séance du 8 mars, uù Dflacroi,, rt!nlré ùe I.lèlgique avec Danton, a mis la Convention en garde conlrP l'optimisme !les g<•nérau, et du ministre, et e,posé nettement la gra1·ilé de 1:1 situation, le Patriote (,-ançais, gêné cPpendanl par la précision plus gran·ic des mauvaise, nouv!•lle~, continue a atténuer. à ,oile,· les él'énernenls. ll :, , pas un seul cri l'l'h•·•111enct ontre l'ennemi, nuis d'éternelles ùéclamatiou5 contre • les auarchi~Lrs •·

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