1088 JIISTOIRE SOCIAL!S1'1~ « Si notts avions essuyé une dé(aUr, je dirais que l'adversité est l'épreuve du républicani,me, je dirais que le sort de la lihcrt6 ne tient pas à l'issue d'un comhat, je dirais que rien n'est perdu, puisque nous vivons encore et que nous sommes résolus à ne pas survivre à la liberté. Mais quelques poste; mal gardés se rnnl laissés surprend•e; une villr o~verte a été occupée par le~ ennemis; ils ont gagné un terrain qu'aucune position forte ne pouvaitdéfendrr, el rnilà l'alarme sonnée, et voilà des hommes qui comparent notre situation à celle du mois de septembre, et qni font grand étalage de courage républicain qu'on prend rail pour de la peur! Sans doute, il faut agir comme si nous étions ,aincus, parce que si nous étions vaincus, nous ne songerions qu'à nous venger; sans doute il faut que les Français fassent un dernier eiîorl dans celle campagne, mais si on veut les y porter en exagérant les dangers, c'est calomnier leur patriotisme el leur coura!(e. " Dumouriez, lui aussi, aurait voulu tout d'abord se cacher la gravité du péril. 11 sentait bien que si on s'affolait ou même si on s'effrayait, on allait le rappeler en Belgique, et il lui était douloureux de renoncer à sa marche conquérante en Hollande, d'abandonner, pour ainsi dire, sa propre vicloire pour se replier en Belgique el se débattre péniblement dans la défaite de ses lieutenants. JI essaya, tant qu'il le put, de maintenir son plan. • Nous recevons en co moment, écrit Merlin le 7 mars, une lettre du général Dumouriez, datée de )laëstçichl, le 4 maro, par laquelle il nous annonce que ce jour-là même, à 4 heures et demie de l'après-midi, il est entré dans la ville de Geslruydenberg. li ajoute que cc succès doit nous consoler des accidents qui nous sont arrivés, parce qu'il ouvre entièrement la Hollande. Gestruydenberg, c'est encore lui qui parle, est presque aussi fort que Bréda, à cause de ses inondations et de ses ouvrages extérieurs qui le rendent inaccessible. li nous assure enfin que la continuation de s011plan peut seule raviver la Belgique. » Il dit, dans ses Mémoi1·es, combien il insista dans ce sens : « L'armée était entièrement décou(agée; elle s'en prenait à ses officier, généraux, surtout à Miranda, qui courut même des risques. Cependant le général Valence aidé du général Tbouvenol parvint à remettre un peu d'ordre, mais la désertion fut énorme. Plus de dix mille hommes se retirèrent jusqu'en France. L'armée demandait à grands cris le général Dumouriez. Les commissaires de la Convention lui envoyaient courrier sur courrier pour k faire revenir. il mandait toujours qu'on pouvait tenir dans la position de Louvain, où on avait rassemblé l'armée, et qu'il n'y avait encore rim de perdu, si 011lui laissait le temps d'exécuter son expédition.• Mais la situation était intenable. A vrai dire, il n'y avait plus en Belgique de commandement. li n'y avait qu'une cohue de généraux en pleine discorJe et en plein désarroi, allendanl le retour de Dumouriez comme le salut, el immobilisés à Louvain par leur impuissance à adopter un plan commun. Les
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