1082 IIISTOlllE SOCIALISTE êlre en elfrl. le ri,~ue de glisser à la lrahison n'ait pas apparu à Dumouriez le plus tf'rrihl,, de tous. D(•j/l,lui-m(·rnc, il se croyait oblif(é de répudier et d'écarler les volontaire~, et dr remplacer le ,olclal citoyen venu de France par des soldats belges et hatares qui n'auraient été probablement que riesmercenaires. Déjà, par lechoix des rilles oü il se propo,e cle convaquer les délégués du peuple belge, Alost, Anier,, Ganrl. c'est-à-ùire des villes où re~pril de la France Hait le plus comhattu, il avouait quïl n'était mème pas sûr de la Deldque toute entière. Je lis dans nne lellre que, le 22 féuier, les commissaires de la Convention écl'ivent de Gand : Le, campagnes sont, en général, portées pour la réunion (à la Francr). On ne craint des tentatives contre ce vœu que dans quelques petites villes telles que celle d'Alos/. » Or, c·cst préci-émenl dans celle ville d'Alost, la plus réfractaire à l'esprit de la Révolution, et qui est aujourd'hui encore une des forteresses du cléricafüme le plus violent, que Dumouriez ioulait convoquer les délégués du peuple belge. li y avait, en plus d'une ré~ion de la Brlgiquc, des forces révolulic,nnaires quïl redoutait. Le plan d'im a,ion er. Hollande était téméraire : non qu'il füt malaisé à Dumouriez d'atteindre Rotterdam el Amsterdarn. Lui-même devait marcher dircclemcnl ,rnr l\ollcrdam : son lieulenanl )lirande, laissant au général Valence le soin de continuer le ,iège de :J.aë,Lricht, dr·vait descendre la ,allée de la Meuse : la jonction de Dumouriez el de Mirande se faisait à Niu1ègue, et tous deux enlcrnienl Am:;lerdam. liais que de, icndraient pPndanl ce temps les Pay,-Das? Si le prince de Co!Jourg, qui commandait sur le l\hin l'armée autrichienne, passait le Jleuve, débloquait ~laësll'ichl el envahissait la DelC(ique, qui lui ri•sislerail'! La pointe de Dumouriez en Hollande était donc trè, ha:;ardeu;e. Elle ne pou,ail réussir que par un miwcle de célérité chez Dumouriez, par un miracle de lenteur chez l'ennemi. Dumouriez assure dans se:; Jfénwites qu'il avait vu le danger : « Si la France eût été µ-ouH•rnée par des hommes raisonnables, il aur.lit proposé d'abandonner les Pay,-Bas qu'on ne pouvait plus défendre, et de retirer l'armée derrière les places du département du Nord, en gardant quelque temps les bords de l'Escaut et la citadelle de Namur; mais une proposition aussi rai,onnable aurait été regardée comme une lâcheté, ou une trahisou, cl elle aurait coùlé la tête au général. « Si d'ailleur~ elle eût été acceptée, elle l'eût mis sous la puissan·ce des tyraus féroces qu'il arnil le projet d'opprimer pour sauver la France. S'il y rentrait avec rnn armé,•, suivi par l'ennemi el ayant l'air de fuir, il perdait auprès d'elle toute sa con,idéralion, qu'il ne pouvait conserver que par de granùs succès; elle eùl été influencée par les Jacobins de Paris, que cette reltaite eût renforcés de soixante à soilante-dix mille hommes. Il ne pouvait
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