Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIHE SOClALi:,'l'E i0î3 gueur contre tous ceux qui veulent porter atleinte aux propriétés. » ( Vifs applaud,ssemn,ts.) Mais si Can,bon veut protéger, même par de terribles lois pénale,, la propriéLé, s'il veut la mellre à l'"hri non scull'mcnt de toute alle1nlc rn;iis d•• Loule menace, ce n'est pas à la mode des Feuillants qui disaienl: Prenez garde, ne lourh,·z qu'avec précaution aux Iliens de l'Eglise, el aux biens des nobles, car en liélruisanl ces formes de la propriété, vous ébranlez tout le système de la µroµriété. Au contrair~, c'est pour mieux assu,er le transfert d'une mas:ae énorme de propriétés ecclésia,tiqucs el de biens d'émigrés que Cambon veut protéger, aux mains des acquéreurs, des nou,caux possédants, la propriété. Le même jour, dans le même àiscours, il demandait à la Convention d'organiser el de h:ller la vente des biens des émigrés. La !\évolution avait une confiance indomptable dans l'ordre nouveau qu'elle fondait. Elle savait qu'il y avait une dilférence immense entre la propriété corporative d'Eglise el la propriété individuelle et qu'elle pouvait abolir celle-là sans inGuiélcr celle-ci. Elle saYail aussi qu'en arrachant aux émigrés les biens rlonl ils pouvaient user conlrc la liberté cl conlre la France, elle faisait œuvre nécessaire de défense el de salul. El si des téméraires prétendent abuser de cel énorme déplacement de propriété pour contester la propriété elle-même, s'ils prétendent tourner contre l'ordre nouveau les mesures adoptées pour le créer el pour le sauver, la Révolution ne s'arrêtera pas pour cela. Elle ne suspendra ni la vente des biens d'Eglise ni la v,rnte des Iliens d'émigrés, mais elle veillera par des lois terribles à ce que nul n'enveloppe la propriété en son en- ,emble dans la proscription qui frappe la propriété d'Eglise el la propriélé d'émigration. li semble que celle agilalion sociale qui dépassait ~laral pour alle1· à Jacques Roux, qui etrrayail les Jacobins cl la Montagne elle-même el qui, au témoignage de Cambon, compromellait jusqu'à la vente des Iliens nalionan,, basr économique el financière de la Révolution, devait senir la Gironde. Voilà bien, disait-elle, où conduit la complaisance pour l'anarchie. Voilà le châtiment de ceux qui llallenl toujours les passions du penple. Le journal de Brissot, en son numéro du 2 mars, reproduisait un article du Jour1111.t français qui montre bien le parti que la Gironde essayait de tirer des événements. • C'est probablement celle canonisation du massacre (du 2 septembre) qui a donné l'idée aux au leur, du Joumat français, de la Conslilulion laconique et énergique que ces messieurs nous préparenl. Ces journalistes l'allribuenl à Robespierre el à Collot d'Herbois; ils se trompent, elle est trop spirituelle en doctrine anarchique, pour ne pas sorlir de la plume de Marat, qui a prouvé sa supériorité sur ses protégés.

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