Jean Jaurès - La Convention

1072 IIJSTOIIIE SOCIALISTE bole, le 2;:;février au soir, contre les riches, sont couvertes de murmures. « L'homme qui a trois cent mille liHes de rente doit être réduit à dix mille lhres; ce revenu sera très sulfisanl, et il aura l'avantage de contribuer au bonheur public. (Applaudissements.) Il faut intéresser au succès de la guerre ces meml,res pétri; d'•'l,;oï,me, ,1ui arfichenl ici un luxe insolent, qui promènent ll•ur fastueuse indolence dans des chars élégants. (Applaudissements. Grand tumulte.) Après r,llferrnissement de la République, on rétablira les riche., <lans l'intégralilé de leur fortune ... Les riches augmentent par leur lu,c le prix des fermages : le luxe est toujours au détriment du peuple. (/ilurmures.) El Dentabole irrité ajoute: « Je ne parle pas aux riches, je parle aux Jacobins. » Mai; les Jacobins trouvaient qu'au moment où le peuple pillait les boutiques, ers véhémentes attaques à la richesse et au luxe étaient au moins une impru,lence. A la Convention, le 26 février, Cambon s'effraie des suites que peut avoir pour le crédit des assignats el pour la vente des biens nationaux le mo'l vement naissant contre la prop1iété. « Les comptes que nous nous sommes fait rendre, dit-il, nous ont prouvé que les agitations, les attaques perpétuelles qu'on veut porter à vos propriétés arrêtent totalement vos vente:;. - (Un grand nombre de membres: C'est vrai!) - Ava,it que ce système destructeur ail été mis en pratique, les brOlemenls des assignats se portaient à 8, 9, 10 el 11 millions par semaine; auiourd'hui, nous avons la douleur de voir arrêter les recettes, el nous ne brOlons plus qu'un million d'assignats par semaine. D'où vient celle dilférence? Nous ne l'avons trouvée que dans la crainte, dans la défiance des propriélail'Cs de ce; Liens. Dès lors, on ne paye plus, el votre assignat reste éternellement en circulation. C'est là la vraie cause du renchérissement des denrées. • ... Les prup,·iétés sont constamment menacées, les systèmes que l'on veut établir détruisent la confiance. Les citoyens sur les frontières versent leur sang pour YOus. Yous leur donuez des propriétés; si on les attaque, ces propriétés, vous l1•ur avez fait une promesse illusoire. Ce n'est pas la peine de les envoyer défendre la liberté, dans l'espoir de devenir un jour propriétaires, si clans le même moment. des hommes coupables attaquent celte même récompense que vous leur avez promise, s'ils la rendent nulle. JI vaut mieux leur dire : Bats-toi rt lu n'auras rien, ou bien : Ta prop1·iété 11e sera pas sacrle: elle ne t'appartiendm pas. • Confiance, confiance, voilà donc la base des finances, car sans elle un système de finances établi d'après les assignats ne peul pas résister. SOreté pour les personnes, sOrelé pour les propriétés, el je réponds du saiut de la ll.épublique. Il serait peut-être important que l'Assemblée fil une loi de l'i-

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