Jean Jaurès - La Convention

10:;s lllSTOlRE SOCl.\1,1S'rE . volulionnoirP• ar,lrnl,, qui sentaient Ir danger. qui le ,·o)·aienl, élaienl exaspéré, an,,i IJJcn ,·ontrc l'impuissance el la mollesse i:;ironclincs que contre la ron•piralion feuillantine el royaliste. Le chef de ces hommes était Chalier. Ah! que cle l(•n~hres •ur lui IComme nous savons peu de cho-es du détail de son arlion, dr 8:t vraie pensér ! Le mo<lc'ranlisme el la contre-révolution qui l'ont ahatln onl ohscnrci ou déformé sa mémoire. ~:t pourlanl, de loutr celle omhr•' jailli--enl enrore de passionnantes clarlfs. C'était un Piémontais ,rori11:ne. mai, né rn Franre, el qui peu à peu, fai•ant du commerce à Lyon, voya1tcan l en 1l11ropeel en Orient. filait arrivé sinon à la richesse, au moins à l'aisance. Il ,'était épri, d'un grand :tmour pour la liberté, d'une l(rande pilfr pour les pauvres; il semble qu'il se -oil imprégné de toute la misère lyonnaise, el quïl ail co1l\erli en une C\allalion révolulionnaire, à la rois violente et lenrlrr, la mysticité un pen ~ombre de la grande cité. li était entouré d'un groupe d'hommes ,éht'menls el qui ne le ,alaienl pas tou- : l'anrirn prHre I au••el (un homme suspect), Uirlius, Arharcl, nranier, Fillion, Brrtholon, 1'honion, ny.ircl, Dorliru, Bertrand, Gaillard, Bull in : et il (tait soutenu par la rrartiun la plu, avanréc de la dépulation de Hhône el-loirr, par Uulmurhet, Noël Poinlt'. Jarqurs Cuss!'l. Chalier arnil marl'h6 avec llolancl el la Gironde tant que n,,lanrl et la Gironde comhnllirrnl Ir, mnrléré,, le, Feuillants. \lais depuis Ir Dh-Aoùl, rlrpuis que Holanrl, oh-,'M par ,a haine de Hohespirrrr, de Dant,m et rie la Commune, r.onlral'iail J'ar lion rholulionnaire, Chalirr qui sentait qu'à Lyon lrs palriot,•, d,iicnl a la merci 11' un ,oulh•r111rnt prochain, élail rntrr rn l11llr contrr, IP, r·olan,li-te,. En nownrhr•' il a,·ail po,<' -a ranrlidature il la mairir, contn, :-iiYièrt Chol. Au pr,·111ier tour. sur 57~7 ,otant,. Chalier eut 2!i01 su!TraC(e, el :--hii·re 20111. \lais an ,croncl lonr ;'lhièrr l'l'mpllrla par 512û voi, sur !!012 v,llants. J'imai::inr que Ir, Feuillant~ rt Ir, royalistes a,aient Y0uln faire sentir a1n Giror orius par h•ur ah,tenlion nu 1•ren1in tour, que -ans eu~ il, ne pou1:ii,'nl rien, rl quïls Mcicl,'rrnl la Yitloire au •N·ond. li, haï,,airnt l'i 111rprbairnl la Gironrlr. lls la con,ül ..·raif'nt comme un parti hlllard, ,'goî.,t,·, peurru, el fo rrlie, qui avait rléch·1lné l'anarchir pour se pon-ser au pouvoir et qui en,uile, pris cl'épo\l\a11l,•, se retournait contre elle. Mais il~ ,11air,r;t hirn ,p1'ih ne p11u1aient 1ia,; ,r cléconvrir ~ans se per<lr<': el e·,•~l par lïntcrmr'•rli,1ire du girondbme, c'est, -uhanl un mol de Guillon 11ui connais-ait biPn !'Nat cles esprits el les ralcub ,ecrel~ cle ,on parti, ,ou., Ir v,,i/e du qiro11di,111,, que les royalistes voulaient peu à peu ,cmp:rrer de Lyon. IRur lacllqnc ira se précisant it mesure que les é,!'nements se rlé1elop1>rnt: les plnb hardis d'entre ,·ux, CCII\ qui inl• rrogeaiPnl le plus pa,~ionnémenl l'a• venir, espéraient qu'un jour les Girondins, acculé~, t•!Trayé~, comprendraient qu'il n'y avait de l'orce solide d,• résistance que dans le modérantisme et le feuillanlisme: ce-jour Ill les royali~les déchireraient le voile dont ils <'lairnt couverts, passeraient au prèmier plan du combat, incorporeraient à leur

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