HISTOIRE SOCIALISTE 10:59 parti les Girondins deslilués de la direclion, et ouvertement,. au nom du roi, prendraienl possession de Lyon, l'opposeraienl à Paris. C'esl cela que senlail Chalier, c·esl ce qui l'l'rnspérail. A Lyon, la R(wolution semblail endormie sur un ahîme de trahison. Il n'avait pu enlever la mairie au~ Rolandisles. 11ais ùcaucoup d'ami, de Chalier turent élus au corps municipal: Laussol ful nommé prornreur général de la commune, el Chalier lui-même ful nommé prèsidenl r'u dislrid. L<', Jacobins (comme on les appelait), avaienl donc réus,i <lè, no\f•llllm•Ptrlèccmbre à conquérir une par lie du pouvoir. Et Ni, ii're-Chol, ain,i en velo1,pèpar une 1 municipalilé ho,tile, flanquo d'un procureur général dévoué à Chalier, aurait pu ,e croire hfrn isolé, s'il n·avail pas démêlé la pui,$ancr des forr,·, conser• vatrices de la cité. Dès le 5 décembre ii!l2, it la cérémonie cl'in,tallalio11 de la nourelle municipalité, l'antago11ismc se marque. :'iivièrc Chu! prononce des paroles conciliante~, mai, amolissa_nles aussi el auxquelles manquail le sentiment du péril qu'à Lyon courait la Ré1olution. • Sachons con,mander à nos passions el régner sur nous-même,. Aujourd'hui le lriomphr de la rai:;on el de la justice esl complet. ll,Uon,-nous de ~ortir de cet dal de fermentation unil•er.;elle qui use Lou, te, re,surl,, qui est une fiè1re Yiolcnle pour k corps politique ... Que riches el pau, r,•, s'unissent pour le !Jien commun de la Répuhliq~c; que le riche ,orle ile sa coupable inclilîércnce, que le pauuc cesse ,le contempler le riche avec em·ie et celui-ci ne sera plus oblL,é cle vine i,;olé, pour échapper aux jalousies el aux 11roscriplions. • (D'après l'Hnaly,e dr 11. Charleti . Parot .., banales, ui ne ré1101J1laic11t pa, à l'urgence des problèmes, et qui atles't'nl seult-ment qu'à Lyon, dan, la lullr polili,1uc, grondait la lulte sociale. i:tlr ,'affirma rnenaçantr, pr •sque anarchique, dans le di,cours de Lau,,el, le nou,eau prorur(•ur, rq,on•lanl à ::-ïh·ière. Il dit la nécessilé « d'amol'ir la durrté des ric/w,, de lwr impiJ'/·r q1œlque/01, ce/Ir cm,11/f, satu- /(li,·,· qui r, 111pl"cr en 1•uJ·Ifs .,n,timents d'l11u,wniti. » Il parla 1,e la tdche phiihlr qui lui était i1111,o,éede • t'ei/lr-r, lanclis que le ,yharile repo,e mol• lcm••nt sur r<•rli·Nlon, el que le paU\ re c,l cou ch(· sur la dure, alî.li,sé par le lr,\\ail, à fair,• ,·e<prcler et le co/fre inulile de l'avare rt le salaire sacl'é du 1,uo,0111·rier. )) C'"st d'apr.'s les procès-,erhaux clu Co11seil général de la Commune que ~I. Charlety reproduit cc di,cours. Un magistrat municipal se plaig-nanl rl'ètre obli~,, par ,es fonctions de faire respecter la µropridé du 1·khe, c·esl un ;h:ne de l'outrance des passions qui animaient la cité lyonnai-e. L:1hnte n'y élail pas engagée seulement enlre la Révolution el une contre-rè1olulion à la fois ulis·ure et audacieuse, profonde Pl con~piral1·ice: elle êlait cugagée entre la« 1111s-..c ùe::; OU\'riers » el ic 1acln..;semercantile >1 1 cnlre le peuple, formé de prolétaires el rl'artisans, et l'ari,locratie inclustrielle et bourgroi,e. Que la conlre-révolution, un moment senie par le doclrinarisme et la 11101-
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