Jean Jaurès - La Convention

lllSTO!llE SOCIALISTE 1055 On glis,ail si bien vers celle idée de taxer les denrées, rie réglementer le commerce, que m~me le journal de Pmdhommr, qui condamne à r0nd l'émeute du 2:i février el qui en développe toutes les funestes conséquences politiques el économiques, suggère un contrôle rlu commrrrr el rle ses bénéfices qui, en période révolutionnaire, conduisait tonl droit à la taxation. Au,si hien, il arlmet expressément rrttc laxr. ma', limitée, sem!Jle-l-il, aux objd~ pour le,quels il y avait des réclamations 1,rl•,·i,es. « Les autorités conslilure, auraient pu suppi<'er par l'activité de leurs opérations à l'inertie du corps légi<latif. Qnr nr s"ahonrhaienl-elles avrc le pouvoir exécutif à onze heures du malin. au lieu de se rt1unir à qnalre heures après-midi, el ,le suite que n·anairnl-elles trouver le comité rle sûr,'lé générale? Là, ~ombinanl leurs démarches respeclil'e,, on eût pris une mesurr, - la <cule peul-être convenable dans ccu,, circonstance critique; nous voulons dire 1me i,i;itp faite pa,· les magistrats du pruple dans les principaux 111agt1- .iins et dép,jts, pour se procurer sur les linu: des ,·enseignrments 11wtr!rirls concernant le prix des dn1rees, telle, que le savon, la chandrlle. le sucre; tes livres de commerce et tes factures r•11sse1é1té confronté.s avrc la vente au détail de ces dif(i'rents objets; une /eue, jusli{tée assr=1iar l'urgence du moment, etlt satisfait le peuple, et mi., lrs gros marchands et le.s détailteur,, mathrurt11se111nllenveloppés dans la 11,,:111peroscr1iJtion, à t'ahri des rrs,rntiment., de la multitude i'garée par des menew·s c1,, 1out grnre. Une proclmnation. et wrtout une bai.se subite dans le prix des de111"éetse plus intlispensablr.s, 11011, eussent sauvé lajo11,·,1,;1d, u 25. • C'est la voie grande ôunrlc au !lla\imum. El Robespierre lui-même, toujours si enveloppé, si pruclenl dans les questions économique,, se croyait obli~é d'écrire i, ses commcllanl•, dans sa lettre sur les troubles ile Paris : " F~i,1,ns des lois bienf,th-anle,, qui lel1llenl à rapproclwr le pri~ des denrées de celui de l'industrie.• Lesquelles? )lais surtout Jac11ucsRoux dut se réjouir, el le:; Enragés durent espérer, au ,·iolt·nl (•cho des é1·énements de Lyon. A Lyon la lulle politique était plus l'ôhémenle qu'ailleurs, et plus passionnée de lulle sociale. Les Girondin,. les amis de Roland semblaient encore eu d"cembre 1702 el janvier 1703 oceuper des po,itions tlon1inantes. Le rolandble ~Îlière-Chol, procurcur-~yndi; tle la Commune, avait été nommé maire en novembre par 5120 rnh sur 9 012 volants. De même, le Conseil général el le directoire du département sern!Jlaient en majorité girondins. liais ces forces girondines el rolandisll'S élaiPnt minées de toute part. D'abord il y aYail à Lyon un fond terrible et persistant de rontre-ri,volulion. La plupart des grand, marchands, des riches, clfray&s presque tl'emùlée de l'essor que la Rcrnlulion dormait aux revendications des ouvriers, des arlbans, déslrnient sourdement non seulement qu'elle s'arrêlAt, mais qu'elle rclrogratlàt. Ils a1aient gardé la di,·eclion politique de la ville jus,1u'ei1171>2,mais débordés depuis, il:; boudaient et attendaient en silence une réaction. lis élaien l

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