Jean Jaurès - La Convention

HISTOI llE SOC lALlS'rE En celle journét' 1lu :.?3fénirr, Jacqurs ll·,u~ était hie11 loin d','lre 1111 vaincu. Car. malgré le hruyanl a11athi•me de la plupart des forcrs révolulion1 :ures avancées, son i !t!c ·-t\'ail réaibé son,Iain <le grands progrè~. EIIP élail ,.,.. lor, inscrite à l"or.Ire dt1 jour de h Hèvolulion. De toute part, la prmée ,le rcc:lrr les échange, par la loi et de faire équililire, clans la llé1ululiot1 el 1 ar elle, à la puis,ance économique cle la riche,se, s'affirmait. Je ne vois i:11t'reque le journal de Condorcet, la Chronique de Paris, qui cu11tint1r à op;,oser uellemenl à toute celle agitation l,1 thèse absolue de la lihrrlé commerciale. Il dit qu'il n'y a aucun moyen factice pour empêcher la h ,u,se de, prix: • Le sarnn se fabrique en grande partie à l1arseille: il y entre cle l'huile que l'on achète en Italie, et de la soude que l'on achète en Espai,;ne. Les rlcnr-,e, qm! nous achetons au, étrangers nous reviennent fort cher à cause ile la perle du change el de la perle de l'assignat contre l'or et l'argent. A mesure que nous payons ain~i toujours plus cher l"huile et la soude, il est inévitalile que le savon n'augmente de prix. « )lainlenanl, si vous avez fantaisie de demander qu'on le taxe et si la Convention a la faiblesse d'y consentir, il arrivera que le marchand n"osera plus en faire venir, et qu'au lieu de le payer cher vous n'en aurez plus du tout. • Le remède lui parait être dans une élévation correspondante et proportion111·ede tous les l'rix, des prix des travaux comme des prix des matières: « Youlez-\'ous m'en croire, citoyenne? Ne dem:mdez pas que l'on taxe le sa\'on, mais augmentez le prix de votre blanchissage. Demandez-moi un sol, deux ~ois de plus par chemise, je serai bien obligé ù'en passer par là, car j'ai autant besoin que ma chemise soit lavée que vous pouvez avoir besoin de la laver. Moi, de mon côté, qui paye plus cher le hlanchissa'(e el \iien d'autres choses, je me ferai payer plus cher le_prix de ma journée. L'enlrrpreneur qui me paye el qui bâtit pour un marchand plumassier de la rue Saint-Denis se fera payer plus cher le bâtiment. Le marchand plumas,ier vendra un peu plus cher ses plumes aux femmes et aux soldats, el son duvet au tapissier. Le tapissier qui fournit un hôtel garni vendra plus cher les lits de plume. Le maitre de l'hôtel garni fera payer un peu plus cher ses appartements au marchand de Rouen qui vient vendre des mouchoirs à Paris. Le marchand de Rouen vendra ses mouchoirs dix sols, vingt sols de plus, el ainsi de l'un à l'autre, tout le monde augmentera son prix et tout le monde vil'fa. Car il est bien agréable que les denrées soient à bon marché, mais il est encore plus nécessaire que tout le monde vive et que tout le monde travaille. Ce n'est pas quand les choses sont chères que l'on souffre, mais c'est quand il n·y en a pas à acheter; car quand elles sont chères, on hausse le prix de la journée, mais quand il n'y en a point, l'on meurt. .. Et ne pensez pas que les gens plus riches que nous nè soient pas obligés d'augmenter le prix de nos journées,

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