HISTOIRE SOCIALISTE 867 eut la sottise de dire : « Je demande qu'il 5oit ajouté à la propo,ilion de Buzot, ces mols: â moins que ce ne .<oitd,111,les as.,r1,1blt-esprimaires.» Oui, c·étail une sollise el douLlement, car le peuple n'a pa, le clroil de renier sa propre sonverainelé, el Meilin lai:;ail \'rainwnl trop le jeu ci!' Uuzol. On ùe,ine le parti qu'en sul tirer Guadet. ,\lcrlin, ,elon lui, ,·r11ail de donner la clrfde Ioules les agitations de l'exlrème-gauche : éllcs lcndaienl à ramener le despotisme. \'oilà donc tout le parti ùe lluLespierrc, ,Je Danlùn, tic ~laral, transformé en par li royaliste. Admirable opération! Dès lors, le ! rorès le plus urgent n'était pas le procès du roi: c'était le procès de, royali,Les. Cn Conventionnel s'étant écrit\: • Prononçons la mort de Louis XYl •· LouYel lui répondit: « Avant tout. prononçons un décret de mort contre les royalistes. • A Marat, à no!Jespierre el à Danton, la Gironde ré,rnail ainsi l,1 priorité de l'échafaud : ils auraient le pas sur Louis XYI. L'insinuation se précise : ils ne veulent perdre le roi que p<our dorrncr la couronne à un autre Bourbon. El comme la Convention I it>nl de déciller que • chaque jour elle s'occupera depuis onze heures jusqu'à ,ix, de ratTaire ùu roi, cxclush·emenl à toute autre, jusqu'à ce qu·flle soit terminée », la Gironde fait élargir ce lexle el la Convention adopte une motion adclitionnelle : : • La Convention nationale discutera sans interruption et prononcera sur la famille des Bourbons. » \'raimenl, après ers manœuvres girondines, on ne sail plus au jusle quel est le procès qui va se juger : Est-ce bien celui de Louis XYI? ou est-cc celui des )lontagnards accusés de complicité avec le duc d'Orléans aspirant à la royauté'? )lais quel sinistre enfantillage el qnclle incohérence lugubre! Supposons un instant que la lactique de la Gironde ail abouti, Supposons que la France N la Con l'en.Lion soient convaincues que l'extrême-gauche est vendue aux roi•. Dès lors, c•,,~l contre Robespierre et son parti que porte tout l'efîorl révolut·nonaire: Louis X\'I e,;t oublié au Temple, el le procès du roi a fait place au procès des démocrates. La Révolution esl perdue, car elle s'est décimée elle-même el elle a épargné le roi. Ainsi la politique de la Gironde ne pouvait se développerjusqu·à ses cons/>quences logiques sans tuer la Révolution. ~lais il élail impossible qu'elle allât jusqu'au bout. Il y a1ail folie d'espérer qu'au procès du roi se substituerait le procès de Robespierre, el que la nation prendrait vraiment pour des royalistes les démocrates ùe la Convention. Les Girondins ne pouvaient donc pas détourner le cours des événements: ils ne pou,aienl que fausser le problème, éncr,·er le peuple par l'attente et exaspérer leurs artversaires. Et comment, dè, lors, pouvaient-ils espérer pour le roi une politique de clémence? Pour gue la Révolution, après avoir jugé le roi, lui flL grâce de la vie, il fallait que tous les partis réconciliés pussent opposer aux soupçons d aux lla1oesuoe unanimiLé généreuse. Et les Girondins ne paraissaient ménager
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