Jean Jaurès - La Convention

lllSTO111E SOCIALISTE Dans la proposition de Ducos, le peuple, avec SP, innombrables assemblre, primaires, rommrnre à paraitre. El si un Girondin veut lui donner la pub-me<' ,lïnitiali\·e, la Gironde presqu<' Loule entière se résene él"idcmmenl de raire de lui, s'il est nécess:1ire, la pui,;,anre <l'appel. ~lais llnzot recourut à une autre diver,ion. plus auda<-ieuse à la fois el plus perfide. li 1,ril prNe,te, I<'1 décembre. bes parole, de q11PlquPsp<"-lilionnaires, pour faire ~oudnin une motion d'ordre, é1idemmrnl prémédil<'·(• : • J'ai cru compren1lr1', par le di-cours du préopinant, qu'on , ourlrail insinuer clans l'opinion l'idée que des nwmbres fic celle as,emblée d,··,irrnl le rélablb,1•menl de la royauté rn France. Eh hicn ! pour écarter tout soup- ~on, je ù,•m~ndc à la Convention de décréter que, quiconque proposer~ de rélahlir rn France les rois ou la royaul(•, ,011sq11rlq11rdr'nomi1111tio11 q 1P ce pwsse être, sera puni dt• mort. • El le 1>rocè,-w•rbal ajoute : • /Je 1w111h1nn: ap71/alldi.,.1ement.,étlalenl dans tol/Les {Ps partir., de fa <atfP. J;,1'.,f•mhi,,e, prr,que rntière, u /ère 1·11 .,ignr d'adlulsion à la propo,ilion d1•/11<~01. » c·etail a,se, !Jien joué, si toutefois en rcsjours terriulc,, où il r.,llait ,urtoul de la loyauté el de la déci~ion, le jeu le plus habile n'6lail pas mala<lroil. On reconnatl la tactique familière de Il rzol. Toul en cherchant à rcraser l'e,trême-gauche, il tentait de para!lrc plu, révolutionnaire qu'elle. C'est ainsi qu'il agzrarnil, dans le décret du 1;; décembre, les dispo<ilions contre les nobles de Belgique. ~lais, de plus. ici, il avait drs arrière-pensées mulli(Jles. D"abord, sous couleur de frapper toute proposition royaliste, il donnait crédit aux accusations de <liclalure lancées par la Gironde contre Robespierre, 11aral el Danl•m. Pourquoi la Convrntion aurait-ellr porté la pei11e de mort contre quiconqut ,)roposrrail <le rélahlir la royauté. ,i nul, en elTet, ne songeait à la rétablir? t:e Mcret conslalail officiellement des ambitions el ,les prétention, factieuses. El ce n'est pas les purs royalbles quïl visait. C,·u,-la, ,'ils a1aient parlé, auraient <lemandé ouYertcmenl le rétablissement de la r.>)auté, sous son nom de royauté . .\lais en ajoutant, s011squelque dhwminalion que ce soil, Buzot Yi~ail et frappait ceux QllP tous les jours, la Gironde dcnonçail comme des aspirants à la dictature et au lriun,viral. li ju,ti0ail par là la lactique incertaine et e,pectantc de la Gironde au sujet du roi. Qu'importait, aprè,; tout, que la tète ùu ci-devant roi toml.,,U, si tout un parti songeait à restaurer la royauté? Cc n'est pas la disparition d'un homme qui pouvait rassurer les patriotes. Qui sait m,'me si ceux qui témoignaient tant de hil.te de frapper Louis n'avaient pas formé le dessein d'élernr au trône un autre homme I lus populairP ou moins compromis? Qui sait si, en se débarrassant de l'ancien roi, ils ne vot1laicnl pas faire place nette à la royauté? Yoilà 1'111 ~inualion formida!Jle cachée dans la motion de Buzot : !'D Du,ol, concentré cl haineu,, le gi•nie cte la calomnie rut parrois aussi profond qn'en Hohespierrc. Le montagnard ~lerlin ùe Thionville, tombant dans le piège, 1 ', t / t

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