808 HISTOIRE SOCIALISTE la tète du roi que pour faire tomber la tête de leurs adverrnires. Robespier,e, exaspéré, se répanclail aux Jacobins en paroles implacables. Cfpe11danl, à travers toutes ces intrigues, le procès du roi avançait lentemcnl. L",1cte énonciatif d"accusalion était prèl enfin. li était fonclé sur les actes publics du roi depuis !"origine de la Révolution el sur les p~piers trouvés aux Tuilerie~. A ceux qui avaient été trouvés dès le 10 août s'étaient joints ceux que lloland, sur les indications du serrurier Gamin, avait découverts le 20 noYembrc. Louis X\'I avait fait pratiquer llans un mur, d~rrière un panneau, un trou fermé par une porte de fer; el c'est dans celle « armoire de fer •, qu'il cachait des lettres, mémoires el documents. Le serrurier qui avait fait !"armoire, épouranlé de son secret, s'était décidé, après trois mois d"hésitalion cl d'angoisse, à tout révéler au ministre de l'Intérieur. Roland, en procédant à la siisie des papiers, commit une faute terrible. Avec son habituel orgueil, el son impatience de tout contrôle, il opéra seul. Il ne se fil adjoindre aucun cles membres de la Commission chargée de clas-er et d'étudier les papier;: déjà trouvés. JI se réservait ainsi de faire devant la Con• vention un coup de théâtre. ~fais aussitôt, un soupçon formidable séle1·a, el auquel il s'était mis lui-même dans lïmpos,ibililé de répondre. Qui sail s'il n'a pas fait un choix parmi ces papiers? Qui sait s'il n'a pas éliminé ceux qui pouvaient compromellre ses amis? 11 les avail lus avant ùe les porter à la Convention, puisque lui-même déclara lourdement que• plusieurs membres de la Constituante el de la Législative paraissaient y être compromis>. li avait donc pu faire un triage. Le bureaucrate ranileux et ~ot ne pou rail opposer à ces soupçons terribles que• sa vertu•· A vrai dire, on peul tenir pour certain qu'il n·avail détourné aucun document. ~lais quelle étourderie chez ce censeur implacable cl cbagrin, cl comme il élail temps qu'il disparût! )!'., Roland reconnaît la faule commise: • li se conduisit en homme probe cl sans défiance; il n·agit point en politique qui pré1oit tout cl ménage les amours-propres. Roland n'a point de tort réel dans celle atTairc; )liais il y a uue faulc de conduite el de précaution. ,> Au fond, les papiers de l'armoire de fer ajoutèrent peu de chose aux charges qui pesaient sur Louis XVI. Son grand crime, c'est d'avoir trahi la Révolution el la France. C'est d'avoir manqué à la parole que bien cle, fois il avait donnée à la nation. Or ce crime était suffisamment démontré par toute la conduite de Louis XVI depuis 1789. « Louis, le peuple français vous accuse d'a\·oir commis une multitude de crimes pour élahlir votre t) rannie en délruirnnt sa liberté. " Et, sur ce thème, l'acte énonciatil rappelait le 17 juin, la marche des troupes royales au 14 juillet, la fuite à Varennes, le massacre du peuple au 10 août. Ce que les papiers trouvés aux Tuileries établissaient, c'est que Louis XVI
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==