Jean Jaurès - La Convention

HISTOII\E SOCL\ L:t>TE 1007 • L'égalité politique établir. les paurres .11•11/mt bientôt qu'elle rst a//aibliP par /'inégalité d1•s (01·tunrs, el comme (•galilé c'est indépendance, ils s'indignent el s'aigrissent contre les homml'S dont ils dépendent par leurs bes{lins, ils demandent l'C'galil6 tics furlunPs, mais il est rare que les richrs se prêtent de bonne gr,,cr it ce vœu. Alors il faut l'obtenir ou par la force ou par l~s loi,. « On ne peut pas l'obtenir par la fore,•, car il ne peul résulter ù, s violenrcs faites par les pauvre, fJUi, d'ailleurs, le sont inégalement, que des résullat~ inégaux, el des pi.triages co11lra:res au 1,rincipe du parlage; on n'a pas obleuu l'égalité, mai, l'inégalité. c·e,l loul le contraire de ce qu'on demandait. li faut done làchcr de l'ul,Le11ir des loi,, <'l les charf(er de deux choses : 1° de faire le JHrtage le plus th:al des fortunl's; 2° de créer des lois pour le maintenir el pour Jmhcnir les in,•galilés fut un•<. « Pour faire ce parla<:e égal, il faut con•iùé1w: 1° les ùh·erses espèces de propriétés; 2" les dherses rs;,èces d'ind11sl1ir; 3° lrs moi en• de les n;parLir; •i' retrnrluc du pay,; el :;• la mu Ili t11dû d'l1on,mes sur laqwlle ils doivent èlre répartis. Ces comlJinaisuns sont au-dessus des forces humaines, el chaque heure du jour les faisant chang,'r, cet ouvra;;e ser,,il la toile cle Pénélope. Je crois donc qu'il faut ,enouccr à faire, en tel jour Oxr, un déi ouillement de toutes les fortunes pour I s dislriburr à toutes les têtes cl à Lous les talents. « Le légi~\aleur devra donc s'oceup!'r de créer \'égalité ùrs fortunes par d'autres moyens, el non pas pour lei quart d'heure in..iqué, mais pour telle pério,le ou pour telle génération . ., Il peul éLtblir ou des instilulion, morale:; cl des habitudes, ou des lois précises sur la qna11lité de richesses que les citoyens pru\'enl 110,séder, ou de.; lois qui en fhenl rt en rèt!lrnt l'usage, de manii•re: 1• it rendre le superflu inutile à celui qui le po,sè .e; ::: 0 il le faire tourner it ra l':tulage d,· celui qui en manque; 3° à le faire t»urnr,· au profit de la socié é. « Les i11slil11Lionsmorales ou les hahil11des s.-,ont utiles qui, moclelaol tous les citoyen; sur le, mèmcs formes delerminérs, ne permellenl pas les distinctions, soil dans les vètrment,, ,oil dan, les ;11net1ulemenl~, soit dans le, accessoires élran,;ers à un homme rt qui cepp1 danl le d1,tinguenl des autres el les Liennenl humiliés. Je ne fais uuc11n c 1s dts lois ~omptuaires que le 1icbe élude toujours, c,r il s'agit moins de défendre la ,anilé et forgueil que d'instituer la modération, la sohriété, la tempérance, la modestie dans les babils. Ce principe ùoil être appli<Jué à toutes les loi;, qui doiYenl moins punir les vices •iuï11sliluer et rendre honoraulc la vrrtu. • Le lé;;islaleur peul encore établir des lois prérises sur le ma,imum de fortune qu'un homme peut 1o,.sêder, el au delà duquel la société prend sa place el jouit de ;on droit. Ce point-ci eH ù'une e,lr~me délirat,•,sc, par.a qu'il semble allenler à la propriété el meltre des bornes à I otubition. liais

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