1000 HISTOIRE SOCIALISTE se livrer à un mouvement populaire, ils n'avaient ni assez de décision pour le rnsciler, ni assez d'espril de suite pour l'organiser persévéramment. Si donc la portion la plus ardente et la plus impatiente du peuple de Paris voul~it obtenir l'élimination des Girondins, la taxe sur les denrées et la guerre aux riches, si elle voulait pousser en ce sens et même violenter la Convention, elle ne pouvail pas compter sur l'action propre el directe de la Commune de Paris. C'est ailleurs qu'était la force d'impulsion. Elle était dans les sections et dans les fédérés. Ceux-ci, quand ils étaient venus à Paris à la fin de juillet . 1702, n'avaient eu qu'un but: sauver la liberté en combattant le roi. lis n:avaient pas pris parti dans la querelle entre Robespierre et Brissot. Ils ne distinguaient pas entre Girondins et Montagnards. Leurs sympathies auraient été plutôt pour la Girnnde parce qu'elle était alors au premier plan de la Révolulion, et parce que les fédérés marseillais avaient beaucoup de sympathie pour Barbaroux. ~lais ils ne firent aucune difficulté à aller loger tout près des Cordeliers, à se lier avec Danton; et bientôt l'espril de Paris, de plus en plus hostile à la Gironde, les pénétra. Barbaroux lui-même, dans une lettre adressée le 30 janvier à ses amis de )larseille, note avec chagrin, presque avec désespoir, le changement qui s'est fdil dans les dispositions des fédérés ... « Alors le ministre Pache changea de système et roulut gagner par la flatterie et la séd uclion des militaires qu'il avait d'abord maltraités, et auxquels il avait refusé, pendant plus d'un mois, deux pièces de canon ... Vous savez qu'il s'était formé une sociéto de fédérés dans la caserne des Marseillais. On a dit que c'était mon ouvrage. J'alleste que je n'y ai jamais mis le pied que quinze jours après sa fondalion, et que je fus enchanté de l'ordre et du bon esprit qui y régnaient; vous en aurez jugé de même par les lettres qu'elle vous a écrites et les adresses qu'elle vous a transmises; bientôt une foule de patriotes se réunirent à cette société, qui prenait ainsi des accroissements rapides. Les tentatives de séduction se firent dans la société môme. Je crois vous avoir raconté dans le temps que nous avions trouvé dans une de ses séances la veuve Pache, la tante Pache, la demoiselle Pache, HassenCratz, ~feunier, Audoin, Lemaire et plusieurs autres commis de la guerre qui, dan~ un moment où les besoins de l'armée les demandaient dans leurs bureaux, à sept heures du soir, travaillaient nos Marseillais. Ceux-ci ne furent pas dupes de ces manœuvres, et c'est alors qu'on imagina d'autres moyens: Je n'en sais pas tous les détails ni ne veux savoir des choses qui font frémir; .;e qu'il y a de certaia,'c'est qu'il y eut beaucoup de .diners donnés à nos canonniers, c'est que le commandant m~me eut la faiblesse de se prêter à ces séductions, lui qui connaissait pourtant la trame ourdie contre la chose publique, puisqu'on lui avait proposé de tomber sur la Convention na1ionale. Le résultat de ces fêles fut que nos Marseillais se. trouvaient lié, avec tous ceux qui les avaient maltraités. Je dis nos Marseillais, quoiqu'il y ail beau-
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