Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE f;OCI.\LISTE 005 Ce qni esl curiem, c'est qne, contraircment à cr qu'on au rail pu atlrndre, la bour,:,•oisie riche préfér,1, dan, beaucoup ,i., commu nr0 , lt• ri•gimr du scrutin an réginlt' du sort. En birn drs point, l'intlu ..nce ,le la fortune, de la propriétt· èlclil encore ,Iominan le, el le, riche, p..u I aient 1•,:1,·rrr ,,u,: les pauvre, n'oseraient pas les dosignrr. En tout cas, par unr con,i·q1wnr,, a,,,,z imprévue, ce ful la faculté du remplacement qui suggéra bi1•11lùlïd,e tl'un emprunt forcé sur le~ riche-. Pub((u'il~ poll\airnl ne 1,a, partir, 1,ui -quïl leur était permi, de s'elempli,r par leur fortune du scr,irc militaire el tle h défense personnelle de la patrie, ce n'était pas a,sez qu'ils l contrihua- -eut par les frais d'armement et d'é11uipemeul de leur remplaçant. Adélaut de leur personne, leur fortune devait le senice à la patrie. Comment la Convention espéra-t-elle entrainer le pays au, armées·> Pil r quel, moyc11s slimula-l-elle le zèle des volontaires? C·esL cl'abo1li par cetl•· organisation tkmocratique el populaire de l'armée qui as,urail aux so ldats dans les camp; les droits el les garanties des citoyen~, el qui vUHait au,,i à tous J'acrè, ,ers les grades donnés par la ,olo11té dt• tous: Puis la Come nlion offrait ail\ soldats des avantages positifs, d'ordre makriel, as,ez tentants. Elle leur assurail ou des pension, ou des gra lificalions, rt leur permettait même, par une combinaison ingénieuse, de devenir acljufaeur, d,• biens nationau,. • Pas un oflkier, pas un solilat, dit Dubois-Crancé, ne craindra la réforme; pas un ne craindra de ,ivre esrropié ou mi.érable; pas un ne mourra ,an, em1,orler la ccrlilnde que la nation e,sui,'ra les ()leurs de ,a famille. Le Comité propose dnhlntag,•. Une pension e,t une récompen,e fui;iti,e, qui meurt avec le titulaire, gui ne dispense pa, ùe l'ennui d'une grande inaction, et que le caprice d'une A,semhl6e ou dP, he;oins prrs-anb ,te la nation peuvent suspendre ou détruire. Il vous propo~e d'accorder ,au 1,emio11,wires la faculté d'acl,rtrr wi bien 1111/i()l1 11/ ri de d111111er ni pair111r11t 111pr11,ù,n qui lui appa,•liemlrail wr le pit·d du rachat â 10 Q,O. il do1111r le mè111e avantage aux veure• et aux e11/a11ts d'un suldat 1,wrl d,•,, co111,• dt• /'e,mrmi. Or il 11~ peul appartenir à un soldr,t estropù: 11111i11< de 240 livres, c'est donc une ;1ro• priélé de 2.400 li•·res dout la 11atio11 Ir grat i/ie, s'il la pr,ft'rc â 111,r prmiou. Où est maintenant l'individu qui, ayant comacré sa vie au -~~n•icede t,, nation, croira pouvoir encore comerver dans son cœur de• sujet-1d'i11qu il'- 1ud1• oil de 1m,rniure? • Ainsi la Révolution füi~ait cou 1, douhle : elle aidait au recrutement en . assurant l'avenir des soldats, el elle mnl lipliaiL les 1oints d'altachc p~r lesquels la nation t~nait à l'ordre nou,eau. Les ,oldats cm1,ortaienl aux camps la vision du champ, du pré, ùe la ~igne qu'à leur retour ils receuaicnl de la patrie. ELles hommes de ce temps, nourri, de souvenirs nntil)ues, di,aie nt: • C'est comme les vétérans romains qui rece rnienl un lot ùe terre. » C'était mieux que cela; car ce lot de terre n'était pour Je I étèran de Rome qu·uue

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==