82 IIISTOin E SOC!.\ LISTE démission de la Commis,ion des Douze. Peut-êlrr aussi voulait-il demander, si je puis dire, une nourelle investiture el provoquer une manifeslaliou de l'Assemblée contre les calomnies de Robespierre: « C'est un devoir pour l'homme public, quand la calomnie s'étend et que la méfiance devient générale, de renoncer à ses fonctions el de rentrer dans la foule. Or, J.Jessirurs, des bruits absurdes ont él6 répandus sur la Commission extraordinaire, et la Commission esl assez sùre de sa conscience et revendique hautement la rcsuon,abilité de ses actes pour en faire l'aYeu. Accueillis par la crédulité pu- ,/llique ces bruits ont pénétré drms le Conseil ghiéraf de la Commune, el dan, Je, sections de Paris. Yotre Commission extraordinaire dans ces moments de crises et de soupçons, croit deYOirvous remcllrc la mission donl vous l'aviez chargée, surtout lorsqu'il n·y a pas d'imprudence à le fairr. • C'est visiblement aux propos de Robespierre, accusant tout le parti de la Gironde de machiner l'instauration du duc de Brunswick ou du duc d'York que pense \'ergnia11d. C'est tout un scénario de protestation que la Gironde met en œuue. llélas ! Comme les passions s'animent, comme les ril'alités s'exaspèrent jusqu'à la morl! J'ai dit que ces jours d'aoO.L à septembre sont comme le prologue de la Conyenlion: c'eslcomme une ouverture où Lous les molirs principaux, toutes les mélodies grandioses ou terribles qui se déploieront tout à l'heure s'annoncent par de rapides indications. Lasource, avec une Yiolrnce qui rail pres,entir le déséquilibre prochain de la Gironde, dénonce les fauteurs d'anarchie. Il dénonce, aussi ouvertement que s'il le, nommait, Robespierre et l\larat. • Le5 membres de votre Commission ont be:;oin de l'estime publique; on les dénonce on les calomnie, on les poursuit. La conlinuit6 de leurs fonctions lieYient le prétexte des intrigants. Il est instant de le leur ôter en acce1ilant la démis,ion que nous vous présentons. Ici, à celle tribune, nous saurons défendre contre les intrigants celle liberté, celle égalité, ces ùroils sacrés du peuple qu·on nous accuse de.trahir. lei, à cette tribune, nous prolégemns, nous éclairerons ce peuple que des audacieux entrainent au crime. lei, à celle tribune, nous comballrons ce tyran sanguinaire qui nous menace d'une mort politique, de l'anarchie. Ici, it cette tribune, au milieu de nos collègues qui nous estiment, nous attendrons la mort du fer de ces vainqueurs farouches, à qui nos accusateurs vendent la patrie, ~l ouvrent, de concert avec les traîtres, les portes de l'empire. • Quelle véhémence vaine! Et comme déjà la Gironde trahit la frinilité déclamatoire qui la perdra! La démission de la Commission de5 Douze était absurde si elle n'était pas un elîort de conciliation, un gagecl'apaisement. Or, elle se démet avec des injures. Il y a à peine vingt-quatre heures, Je ministre ami de laGironde disait: li faudra peut-être tirer on voile sar les événements. Et voilà que Lasourcc les évoque à la tribune en couleurs sanglantes; voilà qu'il prononce contre les principaux acteurs des paroles irréparables. lueo-
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