Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOinE SOCIALISTE 81 mandants dans les section, se rcnclronl dans le jour à la barre de L\•,cmhlée pour y prêter individuellement le serment de maintenir de toul l('ur pouvoir la liberté, l'égalité, la sùreté des per:;onnes el des propriétés, et de mourir, s'il le raut, pour l'e,écution de la loi. « Arl. O. - Les présidents de chaque section feront prêter le méme serment aux membres de leur arrondissement. • Art. 7. - Oans toute la France les autorités constituées prêteront le mlime serment el le feront prêter par les citoyens. « Art. 8. - Le présent décret sera proclamé solennellement et porté dans chacune des quarante-huit sections de Paris par un commis-aire de l"Assemblée nationale. • Le, quarante-huit commissaires furent immédiatement nommés. Je rrlève sur la liste le nom des principaux Girondins: Guadet, Brissot, Gensonnè, Ducos, La,ou1·cc, Vergniaud, et aussi le nom de Montag-narclscomme Cambon, Tburiot, nomme; d'amis de Danton comme Ba<ire et Chabot. Louis Blanc trouve que le décret de l'Assemblée est incertain et vague. JI me semble rnrtout qu'il est tardif. C'e;,t la veille, c'est dès la première nouvelle des massacres que l'A,semblt'e aurait dù plus énergiquement défendre !"honneur de la Ré1 olution. ~lais Louis Blanc oublie que !"Assemblée n'avait pas en mains des moyens sùrs ct·e,écution. Elle ne pouvait d'ailleurs employer la violcnre contre le peuple révolutionnaire. Louis Blanc s·étonne qu'elle n'ait pas interdit plus expressément les ma~sacres de prisonniers, et qu'elle ne parle qu'au conditionnel des attentats contre la sûreté des personnes. A désigner trop clairement les meurtres de la veille, l".\ssem!Jlée s'obligeait à poursuivre les meurtriers, et elle ne le pouvait pas sans soulever Paris, sans créer au profil de !"envahisseur une diversion formidable. JI parait bien qu'en celle journée du 3 septembre elle fil tout son devoir. li fallait arrêter les massacres; mais il ne fallait pas rendre uno amnistie impossible. Le lendemain 4 septembre, l'Assemblée manitesla de nouveau avec force sa volonté de ne pas céder à la Commune et à ~larat. L'àme généreuse et tendre de Vergniaud avait été comme flétrie par celle crise. Les, its reproches adressés par le peuple à la Commission des Douze qu'il présidait lui étaient très sensibles. Elle avait hésité avant le Dix Août, elle avait hésité encore à organiser la répression; el le peuple s'en prenait à elle; s'il avait fallu se soulever, tuer, n'était-ce point sa faute? Amère dut êlre la déception de Vergniaud quand il apprit le massacre, et le réveil des prétentions de la Commune, quelques heures après le discours généreux qui semblait avoir fondu en une seule flamme le patriotisme de la Commune el le patriotisme de l'Assemblée. Il se demanda peut-être si la Commission des Douze, dNestée par les éléments les plus ardents du peuple, n'était pas un obstacle à la réconciliation, et d'un accent plus triste qu'amer il olTrit à L\ssemùlée la

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