Jean Jaurès - La Convention I

s;;o ll!ST!llflE SOCL\LISTE srmrnl, il n·en r,t pas ain•i : rJ111manité n',,,t pa:; ,011mise il celte déploraLICl altrrr alhc. 011 <l't'lre inc11llc, nu d"être injuste. 11 sr peul rt ici encore ,·affirme le sens de l'évolution de Go.lwin) « qu'un tel étal de lu,r cl dïo(•;plité ait ét,· un stage par lequel il ait été néce:;,;aire d,• pa-scr pour arrire1· au 1.,ut cle la ciYili,ation. La seule garantie que nous aiun, rnfin de l'é<:alité ,Je, conditions, c'e,t une persuasion générale de l'iniqnit,· de l'arcumulalion cl ,Je l'in11lilil6 rie la richesse dans la poursuite du hoohcur . .\lais cette p,·r,ua,ion ne pc11lêtre établie d:uis un étal sauvage: et elle ne peut être maintenue si nous retombons dans la barbarie. Ce lutle spec• 1,iclc de lïnégalilé gui, tout d"abord, excita la gro;sièreté des barbares à un ptîort continu, en vue d'acquérir. Et ce fut cet elîort continu qui procura les loisirs d"où se développèrent la littérature et l"art. " .1Jais, quoique cP/le inir,r1lit1' ait é1,: n/cessaù-r comme p,·,'lude à la cfrilirntiun, elle n'est pai 11éce<sairepour la maintenir. '.'ious pouvons abattre J"échafauclage quand l"édifice est achevé. • .\insi, selon God\lin, l'h_i,toire n'est pts une longue décadence. E!le n'e,t pas tombée ct·un régime primitif d"égalilé dans une inégalité éternelle. Elle est un progrès constant vers la civilisation et l'égalité vraie; et même l'inégalité brutale qui a sévi sur toute une période de rhistoire humaine n'est qu·un moyen de réaliser une ê;alit6 supérieure. ce n·esl point, <'n clîl'I, une grossière égalité de misère et dïgnorance qui est proÎiosée aux hommes. La suppression du luxe n'est, au fond, que la suµpre,,ion du privilège; mais toute l'humanité peul el doit se développer dans la joie. c Si nous entendons par lu,e les joui,~a,ces qu'un individu se procure iL l'exclusion des autres, affligés de privations imméritées et de fardeaux accablant,, le lu,e ainsi compris est uo vice. ~lais ,i nous entendons par luxe (el c'est sou1ent le cas). des conditions d'existence qui ne sont point absolument nécessaires it nous maintenir en santé, ce lu1e, s'il est susceptible de se communiqoerit tous les hommes, est vertueux. La fin de la vertu, c'est d'ajouter à lu ,omme des sen,ations a"réables. Or, la uaie règle de la vertu, c'e;t l'impm·tialilé qui nous interdit de consacrer au plaisir d'un seul indil'idu des clîorts qui doivent être employés au plaisir de tous . .\lais dans ces limites, chaque homme a le ùroit et le dr,oir d'ajouter à la ,omme des plaisirs. • El cc grand lu,e égalitaire, la société humaine pourra aisénwnt se le tlonner. • :'\ous arnn, rn que le lt\1vail d'une demi-heure par jour fourni par ·chaque membre de la communauté rnrnrail probablement à procurer tout ce qui e,-t néce,,aire à la , ie. Par suite, cette quantité de travail, quoiqu·aucuue :loi ne la prt!Scrive et qu'aunrne penalité ,lirecte ne lïmpose, s'irnpo,era d'ellemême aux forts par la pui;~ance de l'inlelligPnce et aux faibles par le sentiment de la honte. Après cela. comment lts hommes dépenseront-ils ce qu'il

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