Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIHG SOCI.\.LIS'l'G tenst', rl la mo l(,ralion, on p(:ul dire la mo licité clcs concl11sio11, imm - <liale'.",I!l :fa parfoi:--,en rr grand penseur révoluliounairr qni conçoit 1rnr aulre constitution du 111ond1,•o, ·al cl qui va hicn au delit des )!011la<s11ar,l, les plus audacieux rl de- hcohins les pins fri•néliqurs. comme une nuance <lemotléranli<nH' et pre-•1uc t1·,•,rril fo11illa11t.)lai; c·rst ce contn,tc m,'n11• qui cfonnc aux spérulalions hardies de G,J11\i1n ton le leur Yalcur cl tout lrur ,en". Il apparait, prt'ri--ém1 1nL il son souci dP m1•na~,•r Jp-., tran:--ilion..;q,11,il n'est ni un rhirnfrique, ni un fantaisiste. S'il Nait un rom:u,cier ,oci-ll, ,il $t' bornait à cuu,·erlir rn un yag-ne idl•al le Ya~ue r.•g;retc1·unrpr(•t1 1 n<lur félicité primitiYe, ou ,'il écrirait, lui au,,i. il la mole de )lercier, ~on />nris Pfl /'an .!000, que lui imporl~rairnt les obsl:idcs? Pourquoi se prcocc11[lPrail-il dt' hcurler li' moins pos-ihlc, dan, Lt plus grancle cl la ,,lu, pr,,fon,le de, Lra11,furmatio0 s. les i11li•n 1ts el les ha hi tuiles'? )lai, il prend ,a propre pen,é~ au ,éricux; il \'CULHaim"nt, r.éellemenl, conduire la SJCiélé humaine en monrrmcnl à u ,e for ne nou1Plle, d'où la prùpri(•:é acciparPuse rl r,ploilcu-r aura lisparu; il sait qu'il n·y peul arriver que par élap,•s, el il s'inlél'('SSCa'u, pro~rè:=op;rochains, quel,1u\ dispropo1-tionn(·~q11ïb parai-.:sentà son supr~me iùèal, parce quïb l acheminent, rarce que toul au moins ils ouYrcnl Ir-, \·oie~. C-e,t crl a,:cent de sérieux, c'est celle couletll' de réalité qui fait, à me, yen,, la 1aleur exceptio11nrllc de rœuHe de Gochlin. Son plan d'égalité -ocialc n'est pas une chimère ab:-lrailc : il s'assouplit et s'adapte au prodi- ,:i,•tJ\ mou,ement que la llé,·olulion française déVPloppe. Et clans la pru1lrn1·e,flan.., i< l'opp•Hlnni,rn• :o cle .:-onpro~rammr immédiat, G11ùwin n'oulJli,• l "' un in,tanl la haute lumière de juslicc, la grande idée d"égalité vers laqw·ll~ il sr diri!!e . .\h ! comme il a hille lie fonder enfin la société nouvelle, el rle débarrn,,er l'hun,anilé ùc loulP, les lare, que lui inocule le ~y,lème de la propriété privilégié~! L• prcm:er elîcl, la première lare, c\•-L l'esprit cle servitude. lnlri~t1<' se1•1·ile(1,•s co;irli:-ans à la cour, intrigue senile dt1 pau,rc auprès du riche do~t il altenù un bienfail; abjection de, valets de1ant le rnailre opul~nl dont ils dc1·anccnt les caprices, ùonl ils Oallcnl les manie.,; servilité mielleus 0 ou marchrnd aYec sa clirntèle; 5erlililé du candidat dans les élections poruhires : parloul de, homm"s plié,. El partout aus,i, le ,pectacl~ el l'étalac;e lie l'injuslico, la richrsse étant devenue la seule nw~u,"e de Loule valeur el toul mérite vrai élanl r,t1alé par elle. Dehi, un endurci"semenl égoï,le lies hommes à l'iniquité familière; de là, l'âpre convoi lise cl<'tous, parce que tou, veulenl se procurer la Yalcur fausse, mai, sou1eraine, qui prime ou annihile toutes les autres. Et encore, un lroi:-ième effet rune,le du ,yslèmc actuel de propriété, c'est qu'il est uivel,•ur: oui, il ni1cllc la nalure humaine, il l'uniformise cl l'ahab,e. Eu rcnJant diCllcile et presque impos,ihle l'arfirmation sociale ùes 1aleurs

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