Jean Jaurès - La Convention I

82-l IIISTOIIIE SOC!.\ LISTE C'est un évl'nrn•entqu·on ne rloil pas ron,idérer avec alarme. Une catastrophe de cet ordrr -rra il la vraie « belle mort» rlu gouvernement. Si l'annihilation de J'a\'t'Ude ro1101nre el de l'o?inion implicite peut se produire un jour, il ,. aura nécessairement, à la 1>la-·ede ces erreurs usée;, un libre conrours ;!e ton, pour promouvoir le bien-être général (an unf01-crd conwrrencr of ail ;11 promoting the gr,irral 11•el(are). ,lais, quelle que puisse Nrc à cet égard la rnile des événements Cl la future ;ociété politique, il est toujours bon de ~c rappeler que c'est là la caractéristique du gouvernement el la pierre de touche de l'institution. On peul douter à quelque degré que l'espèce humaine pui•se jamais s'émanciper de l'étal de sujétion et de tutelle où elle esl; mais c'est là rn destinée, il peul être salutaire aux indivi<lus et pro;ital.Jle à l'ensemble de 9'cn son venir. » Ainsi, l'homme prudent et avisé qui ne croit qu'au progrès mesuré, au~ évolutions continues, n'imagine point follement un brusque pas-age de l'étal 'cte servitude à l'état« d'anarchie », mais il croit qu'à mesure que la valeur inrli1•iduelle des hommes et lcnr disposilion à s'obliger librement les uns les autres grandiront, tout pouvoir de contrainte, c'esl•à•dire tout gouvernement, len 1ra à s·arraiblir et à di$parailre. El si incertaine, si loin laine en tout cas que soit celle mort des gouvernements, c'est un noble idéal pour tout individu de n1gler sa vie de telle sorte que le gouvernement soit inutile. )lais, pendant les crises révolutionnaire:;, tous les ressorts de l'activité se tendent, toutes les forces de gouvernement se concentrent, qu'il s'agisse du gouvernement menacé ou du nouYeau gouvernement révolulionuaire, et c'est une raison de plus it cet individualiste fier et hautain, qui ne conçoit la démocratie et le communisme m6me que comme le moyen suprême rie développer les indhidus, pour écarter le plus possible toute hypothè,e de rlivolulion. Il a au,si, cl par un sentiment analogue, l'horreur el le dégot'll des« associations politiques "· On sait avec quel mépris et quelle colère Fourier, quelques années après, rarlera des cluhs de la Révolution, el on se ,ou1•ient que Lange opposait aux réunions orageuses des sections les sages el calmes associations de chefs de famille qui, dans sor, plan, devaient gérer les magasins communs d'approvisionnement. Tous ces grands construct~urs sociaux, épri,; d'un rêve de liberté vaste et de vaste harmonie, n'aiment guère les asso• ciations de combat, qui divisent la nation, lient les individus de la chaine courte des partis et font obst1cle à l'association générale. De m6me, God\\ in leurre; roche rle prendre la partie pour le tout, de d(;chainer l'esprit de con• te11tionel de dispute, de substituer les approbalions ou les improbations de coterie aux jugements calmes et sains de la science, et de supprimer la libre communication des intelligences en groupant les hommes qui acceptent d'avance un même mot d'ordre et répètent les mèmes formules. Or, les Rél'O· lu lions out cet effet f/tcheux de mulliplier les associations I oliliques, les groupement, de lultc.

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