Jean Jaurès - La Convention I

111::;TOlllE SOCIALISTE le, ll1'llbm1ço1H,fr le prhlii, nous r111barra1<N011l,nous n1INwero11t, nous 1111irr111/mème par la suite beaucoup plu, quïl, 11e110m~ert'iro11t. " ,\'ou, /11i,r111idonc, j'rti l • co11mgr dr Ir• dire lorsq11r 10111Ir mondr appmm·r ou .ir tait, une gurrre de d11J1eS.Nous 110111af/iclwn<, en p11rr 1irr1P, le, /)on f)uichotlr' du gn1re humain, et loin d'r,btn1ir de /,, rrromiais.,anre, 11011.11 r111ullipliero11Sque Ir, m 'co111r11l<,les ingrats et 110, r•1111emi,. " Co111·e11om, algré 110/rr « po1woir révoilltiu1111airr •· NOTRE FOllfA~TERIE GIGA,Tr.,on;, qu'il e<t lel de.<potcdont 1w11•1wri1J11,cepn11/m11brsoi11. Combirn S, lim Ill. /J"r exemple, ne 1w11< NTir,ût-il pa,. ,ïl l11iJJ/ni<ail dr /11ire l utile di1·rnio11 qu'il pr11/ opher ! Il lirntlrait à /11 fois les dN1x cour, impériatr, r11r'chrc ... • Pour la ,.,:us,ite de 110/resystème, il fawlmil que la pre<111e totrilllé de< l,11111'/ilH11ese lro1œdl pas sou, la férulr des pr,:lrrs rl de:; 1wble:1,11,elle enlrndit notre idiome, que les gouveme111euts 11eco,-rompis,e11l point les sourcn de lï11,tr11ctio11... etc., elc." Oui, p;iroles amère, el dé-enchantée,, paroles r~ces-ive, aus.i cl inju,tes. Car, à la fanfaronnade el à la rorfanlerie, il se mùlail certainement une large parl de généro,ilé; car cc n'e,L pas en \'ain que la Ré\'olulion a passionné dans le monde les plus hauts e,prils el remué çà ,•Llil des portions dormant.es de, multitude~ humainrs. Ce prodi,!ieut ébranlement, s'il n·a point n•ali,é partout la démocratie, lui a Ou\'erl partout el 1iréparé les ,oie, de l"a,·euir. D'ailleurs, c'est pour ajourner indéfiniment le jugement du roi que Darailon s'efforçait 1!e raire peur à la Cun\'enlion, el cet aiournemenl, qui 11·c1H pas mis 1111 terme aux tulles fratricide, ,!rs raclions, aurait été une cause nouvelle de failJlesse. Mais quel malheur que les chefs de parti, Drissot, Bohe,pierre, Danton, n'aient pu s·accor-ler pour mesurer les périls elTr?yalJlc, au ùe1ant dcs~ucls allait la Révolution! Oui, il est vrai que la propagande universelle pour la liberté était parfois le déguisement de l'instinct criminel de domination. Oui, il est vrai que ror;;ueil de Louis XIV était passé dans les veine, du peuple sou\'erain qui de,ait le transmettre à Napoléon. Oui, il e,L vrai qne cet orgueil colo,sal suscitait des illu,ions colossales, el que la France révolutionnaire s'était promis des peuples un trop facile enthou,ia:;me et un trop sympathique accueil. Oui, il est vrai qu'un giganle,;que hérolsme était gâté par une "' forfanterie gigante,que », et que la liberté élail perdue si la France ne re,,errail pas ses elTorts, ne tendait point vers la paix. Mais les partis qui s'insullaienl el se dévoraient avaient vraiment d'autres soucis. Ainsi, c'est à une Angleterre hostile, comme à une Allemagne ho~Lile, comme à une Suisse hostile que la Révolu lion va se heurter. Ce n'est point à dire que l'action de la Ré1olulion sur l'Angleterre ait été vaine. Elle y souleva un moment de si hautes vagues que Lous les pou\'oirs établis prirent peur.

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