Jean Jaurès - La Convention I

808 IIISTOIRE SOCIA LIS1'1<: • 1Yernfwlo11, donc que sur nos années et sw· nos finances, et sachons d'arance que nous rencont!'erons les couteau.c des Francofartois et lrs faux de., ~'Yirnrd.,· d,,s niontagnes. " L'on compte sur le peuple anglais; mais son gouvemement, qui nous e.dcre, le 11udtriseencore. La partie la plus éclairée est, â ta vérité, pour 11011 ,; et 1·nt au plu, le cn1t cinquantièmr du tout. Croit-on, de bonne foi, que les pri'tres, les nobles qui alimentent nos émigrés, que la multitude qui a appris à nous di'tester dès son enfance, soient tout â coup devenus nos amis? Cr serait un grand prodige. • No; 11omhreusesvictoires, nos ,·apides succès nous étourdissent sur {avenir. Sans prévoir que la fortune e;t incomtante, que nous pouvons être accablés par le nombre, l'on ne s'en persuade pas moins qu'à notre voix tnutes les nations vont embrasser notre systhne tyrannicide et c!iange,· la /orme de leur gouvernement. « ,liais que l'on se désabuse : les l,ommes puissants y ont pourvu. Parto11t,l'on 1·epr,'sente les F,·ançais comme des antfiroJJoplwges qui se dévormt entre eu.c. il est si facile d'e11imposer aux igno,·ants, et t,,s ignorants composent mallteureusement lapresque totalité dtt gem·e humain. C'est en vain que nous exaltons notre liberté; les gens de bien des attires Jttats l'ont en !tor,·eur; il n'en est pas un seul qui ne 7m'férât le séjow· de Consta11ti11opleâ celui de Paris. Tl'ls sont cependant les effets de quelques erreurs de notre part, et de l'atrocité aes méchants. « l'our,·ions-nom désafnHer les fwmmes t,•op crédules, leur faii·e entendre ta vùité.' • l'outec-vo11sdes preuves de ce que j'avance, en voici: Examinez ce petit nombre de déserteurs 7,russie11set autricftie,is qui vous arrive malg,·é Cappât, /r,\s attrayant sans dowe, que vous leur avec offert. • Voye; les habitants de Porent,·uy formant un État distinct et très cii·- conscril â côté dtt votre. • Considére; les di//i'rent.1 partis qui se manifestent eu Belgique, et leur tendance à former une 1·épublique particulière. « Écoute; les cris des Brabançons en faveur de lew·., nobles et de leurs prêtres. «Entendez en/in la ville de Fmncfort se pavaner, en face de la Convention, d' ètre lib,·e et imph-iale. • Certainement, il n'est pa~ 1111 seul peuple mécontent de son gouvernement, et ils le sont tous, qui ne voulill être délivr,:, pas un qui ne désire notre secours, notre appui; et matgl'i cela, il ne s'en trouvera guère qui penseront comme nom. • Tous aimeraient à profiter de nos travaux, de notre or, de notre sang, aucun ne voudrait partager nos dépenses, nos péril,. Les Belges eux-mêmes,

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