Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOIHE SOCIALISTE 807 lion. llanlon, absorbé jusc1u'au 15 janvier par sa m,s,,011 en Il~lgique, cl d'aillleurs traité en ,uspecl par la Girv111le,ne pouvait pas créer un grand n,ouvemcnl pacifi,p1c; N llolanù cn1c11imail toutes les querelles des nulolage, de sa ho11homic fielleuse el apeurée. Celle lourde nuée de hai ncs t..urbillonnail, cacha.il à Lous l'horizon. Pendant qu'ils se déchiraient, ils laissaient se préparer la guerre entre l'Angleterre el la France, c·esl-à-dire une des plus grandes catastrophe~ de l11hloire unil'er,elle. San, doute, plus d'un CuU\entionnel commençait à amir conscience du µéril, mai, peu le voyaient distinclemcnl, ri pius rarrs encor~. ceux qui o-aienl l'avouer. Je 11e trouve gui·re à ce moment que les viriles paroles, trop amères, il est vrai, el clésenchanlée•, ,ruu Conventionnel obscur, le représentant de la Creuse, Jc.111-François llarailou: dans une opinion imprimée ùu lundi7 janl'ier, il annonçait le funest,· el prochain élargi>semenl de la guerre : " La guerre e,l sans contredit le pire de tous les fléaux! Quelles en seront les rnite, ·/ Le voici : ce, charn1>ssi ferlilr, ,cront bientôt incultes, faute d•~ bras: la durée de la diselle qui nous tourmente, peul-être la lami,'.e, se prolongeront à l'infini. " faul-il \'0us représenter ensuite l'aholilion des :;ciences el ùc; arts, l'e\linclion de celle brillante jeunesse gui fait ,otre espoir·, qui doit tirer du uéanl les générations futures auxquelle:; vous ête· redevable, de lanl ùc succès ·1 • Faut-il vous faire seulir enfin que la liberté publique risque tl'èlre sarrifit-e, qu'il peul môme arril·cr un instant où il n'y aura plus cle sùrclé pour personne1 Que de reproches ne mériterions-nous pas alors de la pari de la poslérilé, envers laquelle nous avons contracté un si grand e113a!(ement? « Ceux qui, pour ,,erdre la Rl'publique, dé.<ù'l'lltla voir aux prises avec tuule l'Europe, sont certainf'lnnll à la veille de fouir. « Je sais que 110< politù711P<à, vue myope, se pNsuadent que le.;1,euples sont surtout pour nou,, parce lfllP notrr cause, assure-1-on, est la lrur. Eli bil'l1. 1 c:'rstencore ltl un rêl.:e,unr chùnirr. • L'a11wu,•dr la liberté ne (<ra pas a11taut de prosélytes qu'on l'imagùu'. L1·sidl-cs vraù1tenl philosophiqu,s, dont on l'acco111paqne,sonl trop abstraifrs, coméquemmenl à la portée d,, trop pe11de gens. • D'aille11rs, 1011s n'allarl,ent ;,a., le m,:me sens à ce mot • libNté »; clwc11,1v<ut ,11 jo11ir à sa m,miè,-,,; et 1et,;,e11pleque, pa,· cl'la même, nous traitr,;ons de barbare. 11011rsegllrdPrait à son tour comme de vrais sauvages. /'ni dr gens voudront d, la mitre, je vous l'annonce, la s11ite vous le proui;,ra . • Sous 11rl'te11donésclaù-er les nations, disons-m,u;; /'e1ttrep1•i,(e' st belle, mai.<bim difficile. Les préj11qh, héla.,! se répandmt comme le tor,·ent el la vérilf' arrive 1oujo11rsau pas de la tonuc.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==