Jean Jaurès - La Convention I

HISTOIRE SOCIALISTE G, citer les passages nombreux, les tc,tes décisifs qui a1aienl, si je puis dire, bien a,·anl le 2 septembre, séché jusqu'à la racine la calomnie que Rohcspierre propageait de nouveau. J·ai voulu, el il le fallait, montrer commenl M. Hamel, qui esl si minutieux d'habitude rlans ses citations quand il faut défenùrc Robespierre, ici a glissé vile. Ah! qu'aurait dit Rohespierre lui-mùme, le grand calomnialPur ,i calomnié, s'il a1ail su qu'au momrnl même où il enr(,lail de force Carra el la Gironde au senice du duc de Brunswick, il commPnçlit il in•pirer, lui, quelque confiance au~ agents de la reine? Fer~en écrit le O septembre au baron de Breteuil qu'il est permis d'espérer qu'une partie des mrmbres du tribunal ré1olutionnaire tlu li aofil le quillerail « à l'cxrmple de lrur pr,:,;. dent Robespierre, qui a donné sa dr!miisio,i el qui 1,arait voullJi,• drt'PIIÎr moins scélérat. Ce 1/obe.<pierrea un 9ra11d parti parmi lrs Jacobi11<et peut-~tre pourrait-on p1·ofitrr de cette désunùm (la brouille de Pélion et de nobcspierre dont Fcr:;en traYestit le:; motif,); mai, il faudrait que ce fût avec de grandes précaution< pow· ne pas exposer cnrorc ta famille ,·oyale. • Voilà Robespierre devenu soudain pour les confidents do la reine une espérance, parce qu'en refusant la pré,idence du tribunal criminel il a paru, à ceux qui regardaient de loin, désavouer la violence révolutionnaire. Que cle rumeurs aITolantes el _insensées! ~Jais une des plus insen•ée,, à coup sil r, est celle que Robespierre, à la séance de nuit du 2 septembre, portail :\ la Commune. :\'on, quelle que fût sa défiance, quelle que f()Lsa sombre crédulilé aux choses mauvaises, il n'est pas possible qu'il ail pris au tragique le propos de Carra que j'ai cité. El c'est bien d~libérémenl, c'est de parti-pris, c'est pour un grand dessein politique qu'il a jeté, à cette heure, celle accusation. Quel était ce dessein? LouisDlanc, qui ne connall pas le procè,-verbal de la Commune où lïntervention si importante de Robespierre est consignée, croit quec·esl ~Iaralqui a décidé la perquisition chet Brissot. Il écrit: • Le Comité de surveillance que Marat dominait, avait eu l'audace d·ordonner cc jour-là une de,cenle chez Brissot clonl les papiers furent saisis a\CC une c<Lrême insolence. • Or, il est certain que Marat, entré brusquement au Comité de surveillance de la Commune en cette journée du 2 septembre, y exerçait une action décisive. Il est probable que le mandat de perquisition chez Brissot fut signé du Comité de surveillance. i\lais c'est surtout Billaud-Yarenne, el Robespierre qui formulèrent contre Brissot l'accusation décisive. C'est Robespierre que, dès Je lendemain, Brissot rend manifestement responsable des perquisitions opérées chez lui. Et enfin, dans le discours du 4 no,·embre, Robespierre ne conteste pas qu'il ail mis en cause quelques Girondins. Son but était double. Il voulait d'abord maintenir le contact entre la Commune, puissance étom1amment-vivace, et lui. JI ne pouvait, sans être soupçonne de tiédeur, rester à l'écart en ce jour terrible. Déjà, dans la nuit héroïque du 0

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