Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOll\E SCJCIALIS'rE: 731 s'il s·~t:;issail de lra11sporler en ,\11glc·terrc, au nom tles précôdcnts angl.Li,. la d~mocratic tonle pure el la llc1olution inlégralc. Tel n·aail le senlim, nl ni de la pluparl de, An~lais ra,orablcs à la Rc\'olnlion. ni de ceux des rra11çai-- qui connai,saienl le mieux les deux peuple~. Condorcet, clans un u.-,c, rapporls diplomaliques, dil a, e~ une grande force c1ue les Anglai, ne pr.-11rlronl à la l\é1olutio11 que t·e qui s·accorde à leur gt•nie cl pc-ul Mler clwz eux, ,ans rupture cl sans 1ioleoce, l'<euvre de rr•fur·me. Db lor,, il él1il toul naturel que, pour juslifier lï11troduclion d"u11e,prit populaire plu-, lari,e dan, la Conslitutiou an~lai-e, on fll ,aloir ce que le droit royal lui-mi·me cuulenait, Il son origine récente, de l'Olonté nationale. l:l quand il dit qn·a ce compte, l'l si l'él,•ctic.u s,•ule fail la ltgilirnilé, tous le, actes a11tcrieur, ùes roi- sont fr,,ppés de nullité, ce u·esl !,\ qu"un jeu crespril. C'e,t inutilement aussi, et a,ec la plus ,aine éloquence, que Burk,• ,·éli•hre ln hraulè de la lradHion, de la continuité hblurique qui ùunne à la I ie collcrtive ùes peuphis l'intimité profonde de la ,ie familiale. • \"ous obscn,·rez que, de la Grnn,!c Charte à la Dérlarnlion du Droit, ça élc la 11olilique uniforme de notre Constitution de réclamer el d'aflirmcr nv, libertés comme un leg,;, comme un bérilug,, de no,; pères el qui duil Nre transmi~ à notre p ,stüitè, comme une coawtion spécialement acqui,;e au pet_tplcde ce roi aume, 5ans aucune référence à un droit plus général el antérieur, Par là notre Comlilution garde de !"unité dans la ùh·ersilé si grande de ses pirlic-. :-.ous a,ons une couronne héréfütairc, une pairie hérédilairr>, <•lum• 1,uambrc des commu11es et un peuple qui ht'•ritcnl des privilèges, ùes franrhi-e, el de, lilJcrlés d"une longue ligne d"ancNrè<. • Gt•Llepolitique m'apparall être le résultat ,rune proronde réne,ion, ou plutùl !"heureux clîeLcl'uue inslincli\•e sagesse, supérieure à la réflexion. t;n e,pril dïnnovalion est généralement le résulial ù"un tempérament éguhtc el de vues IJornéh. Cn peu pic ne regarde guère deyanl lui et \Cr, la po,térilc, quand il ne sait pits regarder derrière hü, Ycrs les anc6lres. Le peuple an1{\aissait bien que l'idée d"un héritage [ou.rnil uo sùr principe de conservation el un sùr principe de tran,mission, sans e.xclure le moins du monde un principe de perfectionnement. Elle permet des acqui::ilio11suouvelle,, rua,s elle as,ure ce qui est acquis. Quels que soient les arnolages obtenus par un e11- •emhle d"hommes se ré~lant sur ces maximes, ils sont prtsquc regardé, comme une sorte d"établi~,ement domestique lhé en une ,orle de maiomc,rte clernelle. Par une-1 olitigue conslilulionoelle qui agit sur le modèle ùe la nature, nous recevons, nous possédons, nous tran8mcllons notre gom ernemenl el nos pri1 ilèges comme nous enlrons en jouhsance de uos propriétés el de nos vies el comme nous les Lran~mettons. Les in:;lilulions de la politique, les biens de la fortune, les dons de la Providonce pal>Senlà nous el de nous à ceux qui nous suivent, d'un mème mou,·emeul et se.Ion le m&ne ordre. Notre système politique e,,l placé dans une jusle correspondance el symétrie avec

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