132 lllSTOII\E SOCI.\LISTE l'ordre du monde et a\'ec le mode d'existence assigné à un corps p,•rmanenl rompo•é d'ékments transitoires, puisqu'en lui, par la disposition d'une mer- ,cilleu,e sagesse qui façonne en même temps la grande el mystérieuse incorporation de la race humaine, le tout, à un moment donné, n'est ni vieux, ni d'ùge moyen, ni jeune, mais dans un état immuablement fixe; il se meut à tra,ers la diversité constante d'une décadence, d'une chute, d'une rénovation et d'une progression perpétuelle. Ainsi, gardant la méthode de la nature dans la conduite de l'État, lil où nous améliorons nous ne sommes jamais entièrement nouveau.,, et là où nous maintenons, nous ne sommes jamais entièrement surannés. En nous rattachant de cette manière et selon ces prin - cipes à nos ancMres, nous sommes guidés, non par une super,Lilion d'an tiquaire, mais par un esprit d'analyse philosophique. En choisissant cette forme de l'héritage, nous avons donné à notre système politique quelque ressemblance avec les relations !ondées sur la commuuaulé du sang. Nous a\'ons lié lit constitution de notre pays de nos liens domestiques les plus chers; nous a\'ons accueilli et comme adopté nos lois fondamentalesjusqu e clans l'intimité cle nos affections de famille. Nous maintenons inséparaùlcment uuî,; et nou, aimons de toute la chaleur de nos a!îeclions combinées et réfléchissant mutuellement leurs feux, notre système politique, nos foyers, nos ,épulcres el nos au lei:;. « C'est notre plan de conformer à la nature nos institutions artificielles et de faire appel à ses sûrs et puissants instincts pour forliller les faibles el faillibles inventions de la raison, el celte méthode, qui nous permet de considérer nos libertés dans la lumière de l'hérédité, nous procure d'autres el non moindres arantagt:;. Agissa11t toujours comme en présence d'ancêtres canonisés, l'esprit de liberté, qui en lui-même coulluil au dérèglement et à l'e1cès, se tempère d'une gravité respectueuse. Cette idée d'une origine libérale nous impose un ~enliment d'habituelle el native dignité, qui prévient celle insolence cle parvenu qui s'attache presque inévitablement et pour leur disgrâce à ceux qui sont les premiers acquéreurs d'une distinction publique. Par ces moyens, notre liberté devient une liberté noble. Elle prend un aspect nnposanl et majestueux. Elle a une généalogie et des ancêtres illustres. « Elle a ses audiences el ses armoiries. Elle a sa galerie de portraits, ses inscriptions monumentales, ses archives, ses témoignages el ses litres. Nous procurons le respect à nos institutions civiles par les 1nêmes principes dont se sert la nature pour nous faire révérer les individus, à raison de leur âge et de ceux dont ils descendent. Tous vos sophistes ne peuvent rien produire qui soit mieux adapté à la sauvegarde d'une liberté rationnelle el virile, que la marche que nous avons suivie, nous qui avons fait de notre nature pins que' de nos spéculations, de nos cœurs plus que de nos esprits, les grands con,;crvaleurs de nos droits et privilèges. • A merveille, et voilà bien la première formule de ce naturalisme polili-
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