730 IIISTOIIlE SOCIALISTE lion srrait entièrrment deslruct11·e de• l'unité, de la paix et de la tranquillité dr ce pays». Pour µourvoit· aux objets immédiats el exclure pour toujours la dorlrine « de la \ïeille Juiverie » (c'est la rue où se réunissait la Société de Ja Ilèi olution rnr ce prétendu droi Ldes hommes ù choisir leurs gouvernants, il- iosérèrent une clausr qui était une renonciation solennelle au principe électif : « Les lords spirituels el temporels, el les Communes, au nom du • penplr, se soumellent très hnmhlemenl el lrè, loyalement, eux, leurs ft(,. • ritier,. et leur postlrité à jamai,. » Bien loin qu'il soit vrai que nous avons acquis par la Révolution un droit de choisir nos rois, ce droit, si nous l'avions po,sécl(• avant, la nation anglaise l'aurait à ce mo'lnenL solennellement renoncé el abdi<Jué pour la génération présente el pour Loule la suite des généralion~. )) Soit, el Burke démontre à mervl'ilie qe'il n·y a ·qu'un rapport très lointain entre la révolution de circonstance raite par l'Angleterre en 1ü'8 el la r&volution de principe l'aile par la France en iîSO. Il esL certain que l'Angleterre, en Jû88, n'a pas prétendu fonder la démocratie, qu'elle n'a pas proclamé ou organisé la souveraineté populaire el qu'elle n'a dérogé à la Lra lilion et à l'ordre de succe,sion que juste autant qu'il élaiL nécessaire pour ~auvegar,ler les il,Lérêls vitaux compromis par les Stuarls. )lais ~e n·esL vas la question. Personne ne vrélead légitimer la Révolution rrançaise el la démocratie p,1r le ,eul précédent anglais de iû88. Ce que les Anglais amis de la RiJ1olution avaient le droit de dire, c'est qu'en Angleterre même ni la tradition roi·ale n'avait élé ininterrompue, ni le droit royal n'avaiL elé i11langible. 11se peul que le choix fait par les dél&gués di: la nation n'ait élé qu'en apparence un choix, el qu'il ait élé en rail une nécessité, comme M. Guizot, reprenant la thèse de Burke el l'a1ipliquant à la Révolution de 1830, le dira plus tard de Louis-Philippe. ~lais celle nécessité, c'c,t la nation elle-même qui en était l'interprète, et par là, quoi qu'on fasse, il y a un acte explicite el formel de la volonté nationale à l'origine du clroil royal de la dynastie anglaise. Cela ne veut pas dire que la nation anglaise va révoquer le pouvoir de ses rois. ~lais cela signifie qu'elle peul, ,an, porter alleinle à un droit qu'elle a constitué elle-même, mieux assurer J'exe1·cice direct de la puissance nationale. Ain;,i, le précédent juridique de 1688, agrandi par l'esprit de démocratie, mais appliqué selon la pru?enle méthode anglaise, peul conduire à uue grande transformation politique dans le sens du droit populaire, de la liberté el d,i l'égalité. Prie,lley note que le II hig Burk~ interprète la llévolution anglaise de 1088 comme le faisaient les torys, restés an fond jacobites, mais qui, pour excuser peu à peu leur ralliement à laroyaulé nouvelle, affectaient de ne voir en elle que la su ile légitime el nécessaire de la monarchie tombée, Ce qui fait que l'œuvre de Burke esld'un rhé leur el non d'un homme dï~lat, c·eslquïl raisonne comme
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