Jean Jaurès - La Convention I

0',)8 IIISTOlllE SOCIALISTE lirrs dans la plupart de; profr:;,ions qualifiées. Finalemenl, nous pouvons ronjcclun•r la large c\lcn:;ion rlu mou,ernl'nl, cra1 rès la mulliplicalion crois- :;rnlc ries lois contre le~ a-:;ocialion, dans le- industries parliculières ... » Cc qu'il y a de curieux, c·csl que Loule cette agitation el organisation ou, rii•n• 111·érèdcmême la période des manufactures. Le système manufaclurit'r ne prit un grand essor que vers le milieu flu xvm• siècle et déjà, depuis cinquante ans, les ouvriers allachés au service de la pelite industrie artisane se ,:roupaient, s'organisaient. Si rlonc on ne saisit pas, de 1î80 il 1î03, une gruntle rc,cndicalion géni'rale des pro lé taires, une grande action de classe, en ra,·cur du droit de coalition, ce n'est pas que les ouvriers anglais en aient méconuu lïmportance. ~l,iis c·est d'abord que la structure de l'industrie anglaise était encore trop compliquée, trop sectionnée, pour qu'une action et une revendication gcnérales tles prolétaires fusseut possibles. Quelques progrès qu·eùt réalisés déjà le ,ystème manufacturier, il n'avait pas encore prévalu dans un très grand nombre de branches de 1; produclion; c'est ainsi, pour emprunter un e~emple à Sidney \Vebb, que les négociants en draps, dans le Yoik,hire, ne commencèrent à établir des manufactures sur une grande échelle qu'en no,. Beaucoi;p de travailleurs industriels étaient encore engagés à demi dans la , ie agricole. Il exislait encore, surtoul en €cosse et dans lesJrégions paunes, des coll1g~rs qui ne possédaient qu'un tout peût domaine in,uf!bant ù les faire vilre, et qui demandaient le surplus des ressources nécessaires à uu travail industriel. • Le produit d'un lra1ail rail de celle manière se présente sou veut sur le marché il meilleur compte que la nature de ce travail ne le permettrait sans celle circonstance. Daos plmieurs enclroils de l'Écosse, on a des )Jas tricotés 11l'aiguille à beaucoup meilleur marché qu'on ne pourrait les élahlir au mélicr partout ailleur,; c·est l'ouvrage de domestiques el d'ouvrières qui trouvent dans une autre occupalion la principale partie de leur subsistance. La filature de toile se fait en Écosse de la m~me manière à peu près que les bas il l'aiguille, c'est-à-dire par des femmes qui sont Jouées principalemenl pour d'autres services. Celles qui essayent de vivre uniquement de l'un ou de l'autre de ces métiers, gagnent à peine de quoi ne pas mourir de fdim. Dans la plu~ grande parlie de !'~cosse, il faut être une bonl11lfileuse pour gagner 20 deniers par semaine » (Adam Smith). On comprend aisément que ces ouvriers el ouvrières disper,és, el encore enfoncés plus qu'à moitié dans la vie rurale, ne pou,aienl se prêter à un \'asle cl énergique momement de classe. 1lais surtout un très grand nombre de salariés étaient encore engagés dans les liens du système corporatif et de rartisanerie. Quand les grandes manufactures se créaient, elle ne se heurtaient pas seulement à la résistance des arlisans, des petits producteur;; : elles se heurtaient aussi à celle de Jeurs ouvrier,, de leurs compagnons qui étaient troublés dans leurs habitudes, mena•

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