600 IJISTOlllE SOCl.\l,ISTE plu~ grand secret jusqu'au moment de l'e,éculion, el quand les ouvriers cèrlt•nl. comme ils font quelquefois, -ans ré,islance, quoiqu'il, senlcnl bien le roup t'l Je ,entt•nl rorl durement, personne n'en entend parler. Souvent cependant. It•s ouvriers op1wsent à ces coalilions particulières une ligue cléfensiYe: quelquefois aus,i, sans aucune provocation de celle espèce, il, ,e coali,Pnl de leur propre motl\Cmenl pour éle,·er le prix du travail. Leurs préLe,les ordinaires sonl tanlôl le haut prix des denrées, lanlôl le gros profil que fonl les maitres sur leur travail. Mais que leurs ligues soient offensives ou défPnSi\'eS, elles sont toujours accompagnée• d'une grande rumeur. Dans Je dessein d'amener ratr,1ire à une prompte décision, ils onl loujour, recours au, clameurs les plus emportées, cl quelquefois ils se portent à la violence el au, derniers excès. 11' sont dé,es1 érés el agissent avec l'extravagance el la fureur de gens au dé,cspoir, réduits à l'alternative de mourir de faim ou d'arracher à leurs maitres, par la terreur, la plus prompte condescendance à Jeurs demandes. Dans ces occasions, les rnallres ne crient pas moins forl de leur côté; ils ne cessP.nl de rûcfamer de Ioules leurs forces l'autorité des magi-lrats civils, et l'ti.écution la plus rigoureuse des lois si sé,ère:i portées contre les füues des ouvriers domestiques et journaliers. En conséquence, i1 est rare que les ouvriers tirent aucun fruit ùe ces tentatives violentes et Lumultueu,es, qui, tant par l'inlencnlion du migistral civil que par la constance mieux soutenue des mallre,, n'aboulissenl en 1,énùral à rien autre cho,e qu'au chtlliment ou à la ruine des chefs cle l'émeute. • On esl donc tenté cle penser qu'au moment où éclate la Hé\'olulion française, el où !il classe ouvrière de !'rance commence il Jouer un 1,rand rôle politique, les ouvriers anglais vont demander au moins le droit de coalition. JI n·en est rien, ou tout au moins, je ne trouve aucune trace ct·une rcrnndicalion d'ensemble. Chose curieuse! ~lême en li0~. même quan,I le député au Parlement, \\ïthbreacl, pour remédier à rexlrt)me détresse des ouviiers anglais, prûpose de fixer par la loi un minimum de salaire, personne à la Chambre de, Communes el dans le pays ne suggère !"idée que c'e5l en accordant aux ou\'riers le droit de se coaliser qu'on relèvera leurs salaires .. \.ujourd"hui, il nous parall beaucoup plus hardi de déterminer par la loi un minimum de salaire que de reconnallre aux ouvriers le droit de coalilion el de grève. Le point de vue des esprits les plus libre, de l'Angleterre, à la fin du xvm• siècle, élail toul autre. La loi était déjà iritervenue dans la détermination des salaires; il est vrai que c'était, comme dans le rameux stalul d'Élisabeth, pour en fixer le ma,imum, et la fixation d'un minimum élail une vraie révolulio,1 sociale, mais il y avait des précédent,; Juridiques. Au contraire, proclamer la liberté tle coalition, c'était, dans la pensée des hommes de ce lemp,, légaliser l'émeute. Fox (voir llan,ard, The parliamtnlary HislOl'!Jof England, volume 32) recommande bien l'association pour relever
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